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EVRY VILLE NOUVELLE
L'histoire de la ville d'Evry
Les armoiries de la ville d’Evry Petit-Bourg, reproduites ci-contre, évoquent les soirées prestigieuses données dans leurs somptueux châteaux évryens par quelques grands noms de la cour du roi Louis XIV. Parmi les plus illustres de ces personnages historiques, citons la duchesse de Bourbon, mère du duc d’Enghien ainsi que la marquise de Montespan, mère du duc d’Antin.
Non, Evry n’est pas née en 1965 avec la Ville Nouvelle ! La mémoire de notre ville puise ses racines dans le site antique d’Eburiacos, qui devient Evriacum au moyen âge. Nous vous proposons de parcourir ensemble les grands moments d’une histoire foisonnante et souvent prestigieuse. Notre ville a porté 9 noms différents au cours de son histoire : avant l’ère chrétienne, on parlait d’Eburiacos (ce village portait le nom de son chef Eburos), puis d’Apriacum, Auriacum au XIe siècle, Evriacum à partir de 1196, Every (également orthographié « Aivry » et « Esvry ») en 1326, Evry-sur-Seine en 1376 (un toponyme destiné à nous différencier d’une autre Evry, proche de Melun), Evry-Petit-Bourg en 1881, à la demande (!) du grand industriel Paul Decauville, du nom de ses « Ateliers de Petit-Bourg ».
Enfin, Evry, la Ville Nouvelle en 1965, « Petit-Bourg » ne convenant plus au chef-lieu du département de l’Essonne, au moment où Evry devient l’une des cinq villes nouvelles de la région parisienne
1880-1956 : Evry-Petit-Bourg
En 1880, sur le territoire de la commune d’Evry, qui comptait alors 833 hectares et moins de 1000 habitants, il était d’usage de distinguer deux seigneuries : Grand-Bourg d’une part et Petit-Bourg de l’autre. Ces appellations provenaient de « Bout-le-Grand » ou « Grand-Bout » (altération du mot Gaulbout, composé de deux mots celtes qui signifiaient Bois Profond ou bois élevé) et de « Petit-Bout ».
Jusqu’en 1955, Evry restera une commune rurale et agricole avec trois grandes fermes : celle de Petit-Bourg (à l’emplacement des Ets Delbard), celle du Bras de Fer (derrière l’entreprise corbeilloise Gilardoni) et celle du Mousseau (au-dessus de la clinique). Le suffixe Petit-Bourg sera supprimé par un Conseil municipal tenu en 1956, lors de la décision de créer la Ville Nouvelle, même s’il reste encore employé durant la décennie suivante.
Le Château de Petit-Bourg
Avant la dernière guerre, la commune arborait fièrement des châteaux, dont celui de Petit-Bourg. Vendue plusieurs fois depuis 1798, la demeure princière fut construite par Madame de Montespan sur le domaine que lui avait offert le Roi Soleil. Elle légua ensuite ce domaine à son fils, le Duc d’Antin. Après le passage de plusieurs propriétaires, le château sera occupé puis incendié par les Allemands en 1944, juste avant la libération de notre ville par l’armée du Général Patton. Le château sera ensuite rasé et un immeuble (12 étages et 14 cages d’escaliers) y sera construit dans les années 50.
La révolution industrielle à Petit-Bourg : les carrières
A la faveur d’un sol argileux ou sableux, et du fait d’une présence abondante en bords de Seine de la « pierre meulière » (employée en maçonnerie), les carrières d’Evry-Petit-Bourg se développèrent. Une population très pauvre y travaillait et y vivait de façon précaire, dans des cabanes en terre dépourvues d’eau courante. L’activité de ces terrassiers est à l’origine d’une bonne part des villas construites en « meulière » dans la banlieue sud.
Sources de pollutions, les carrières durent fermer, alors que débutait la véritable aventure industrielle avec la famille Decauville, qui connut une extraordinaire réussite de 1860 à 1960.
Decauville
La révolution industrielle du XIXe siècle a bouleversé la vie des Evryens. Armand Decauville, installé comme cultivateur à la ferme de Petit-Bourg depuis 1850, sur près de 700 hectares, produisait des betteraves et du blé en grosses quantités. Face aux problèmes d’évacuation et de transport, il créa une importante distillerie de betteraves, fabriqua le matériel nécessaire et fournit la quasi-totalité des distilleries de l’Ile-de-France ! La première usine d’Evry, un atelier de chaudronnerie, prit le nom « d’Ateliers de Petit-Bourg ».
A la mort d’Armand en 1871, son fils Paul (1846-1922) prit la succession. L’établissement compte 700 employés lorsqu’il est transféré à Corbeil en 1884 et un millier en 1900. C’est Paul Decauville qui fit changer le nom de la gare et de la poste d’Evry-sur-Seine en Evry-Petit-Bourg.
Soucieux de réduire les coûts d’exploitation de l’activité agricole, il construisit en quelques jours des éléments de deux mètres cinquante de long avec des barres de fer et fit fabriquer des chariots pour transporter une récolte fantastique de 9000 tonnes de betteraves. Des centaines de mètres de voies étaient ainsi déplacées deux ou trois fois par jour. Le produit évolua considérablement et, en 1889, le monde découvrit la Tour Eiffel et le chemin de fer portatif. Rapidement, les produits Decauville (équipements de voies, voitures, locomotives, wagons de 1ère à la 3ème classe …) furent adoptés par le monde entier. Decauville mena également une politique sociale novatrice : logements, coopérative, garanties pour les accidents de travail...
La Ville Nouvelle 1965-2000
Le 20 mai 1965, la création de la Ville Nouvelle est décidée pour « désengorger » Paris et offrir aux habitants des équipements publics et des emplois proches, afin d’éviter les « banlieues dortoirs ». Cinq villes nouvelles et sept nouveaux départements sont créés à partir de l’ancienne Seine et Oise. La population des quatre communes (Evry, Lisses, Bondoufle, Courcouronnes) de l’agglomération quadruple, de nombreux établissements et équipements publics sortent de terre comme le centre commercial Evry 2, la liaison ferrée, le Palais de Justice, l’Université, l’Hôtel de Ville et la Place des Droits de l’Homme inaugurés en 1991. Toute cette transformation s’est opérée grâce aux aides financières apportées par l’Etat au Syndicat d’Agglomération Nouvelle d’Evry (l’ancien SAN). Depuis le 1er janvier 2001, le SAN a été transformé en communauté d’agglomération, en application de la loi Chevènement sur l’intercommunalité du 12 juillet 1999. Cette transformation implique deux changements importants : les communes retrouvent leurs pleines prérogatives et rentrent dans le droit commun. L’aménageur de la Ville Nouvelle, l’AFTRP, achève les travaux.
La Ville Nouvelle : repères chronologiques
Le 12 avril 1969 création de la Ville Nouvelle qui devient Evry « tout court » !
1971 inauguration de la Préfecture d’Evry (architecte Lagneau) par Monsieur Georges Pompidou, Président de la République
1972 arrivée des premiers habitants au Parc aux Lièvres et au Champtier du Coq
1974 naissance du quartier des Champs Elysées et d’Aguado suivis de celui des Pyramides
19 mars 1975 inauguration de l’Agora et du centre commercial. Des manifestations de plus d’une semaine accueillirent près de 40000 visiteurs. En décembre 1975, c’est l’inauguration des stations SNCF d’Evry Courcouronnes et du Bras de Fer.
1978 ouverture des Passages, premier quartier au centre de la Ville Nouvelle et qui regroupe également le foyer international d’accueil et de promotion (le FIAP), des commerces, des artisans, des artistes, l’université et des bureaux
1979-1980 création d’un nouveau quartier piétons aux Epinettes avec un centre commercial, une maison de quartier, des écoles maternelles et primaires, un centre de santé, une halte-garderie puis un collège
1981-1982 construction des Aunettes, quartier commerçant avec trois groupes scolaires et une maison de quartier
Novembre 1982 ouverture de l’hôpital Louise Michel, inauguré par le Ministre de la Santé de l’époque : Jacques Ralite
1990 création d’une université à proximité de la gare d’Evry-Courcouronnes et du Centre Ville. Ce premier bâtiment fut visité par François Mitterrand, Président de la République en septembre 91
28 septembre 1991 inauguration par François Mitterrand de l’Hôtel de Ville et de la Place des Droits de l’Homme et du Citoyen.
(architecte : Jacques Levy)
1995 première messe à la cathédrale, coiffée de 24 tilleuls argentés, revêtue de 800 000 briques rouges et de cinq cloches (architecte : Mario Botta)
Juillet 1997 visite de Jean-Paul II