Les Invalides, Présentation générale
LES INVALIDES
Au XVII siècle les soldats estropiés ou retraités étaient réduits à la mendicité où se refugiaint dans le couvents.
Ainsi Louis XIV fonda en 1670 l’hôtel des Invalides, pour les loger et les soigner.
Louvois, le ministre de la Guerre, demanda à l’architecte Liberal Bruant d’imaginer un édifice pour abriter 4000 pensionnaires, soumis aux règlements à la fois militaire et religieux.
De 1671 à 1676, l’architecte construit l’hospice sur le modèle d’un château précédé de son avant-cour fermée par une grille flanquée de deux pavillons.
LA FACADE NORD
- C’est un vaste ensemble monumental. Bâtiment gigantesque.
- La façade principal est d’une grand sobriété et présente une forte horizontalité.
- Avec une élévation sur quatre niveaux plus la toiture.
- La façade est longue de 195 mètres.
- Flanquée par deux pavillons en légère saillie aux extrémités et au centre se trouve le pavillon d’honneur.
- La façade est rythmé par des chaines de bossage.
- Au rez-de-chaussée, les croisées (fenêtres à remplages constituées d’un meneau et d’un croisillon) inscrites dans une embrassure (ouverture) en arcade en légère saillie.
- Aux niveaux supérieurs un composition alternant des croisées à linteau droit où cintré.
- Les toits à deux versants avec des cheminées et des lucarnes richement ornées. La décoration des lucarnes rappelle la fonction de l’édifice ( très original, évoque un buste en armures…).
- D’une autre part, les pavillons sont coupés avec toits à terrasse faitière (tuile courbe).
Le pavillon d’honneur
- La composition architecturale présente trois niveaux
- Le portail monumental est constitué par la grand arcade triomphale, soutenue par des pilastres ioniques (ordre colossaux) (jumelés).
- Sur le chapiteaux, les volutes forment des cornes de bélier (représentant ici l’un des attributs d’Apollon où du soleil) et encadrent un fleur de tournesol.
- Dans le tympan est représenté le roi guerrier à cheval (habillé comme un empereur romain), Louis le Grand.
- Il y a une recherche iconographique dans la représentation de Louis XIV.
Pour conclure on peut dire que la façade est écrasante par sa taille mais elle n’est pas disproportionnée.
C’est une façade très bien rythmée où la grandeur prédomine.
Cette grandeur évoque celle du roi qui s’occupant des soldats qui l’ont servi
LA COUR ROYAL/ COUR D’HONNEUR
Derrière cette façade, Liberal Bruant crée un plan quadrilatère.
Il disposa les bâtiments (réfectoire, dortoirs, infirmerie…) autour de 17 cours, réservant une place centrale à la cour royale.
- Celle-ci est entourée d’un large péristyle où sont exposés d’anciens canons.
- C’est un grand rectangle (100m sur 64m)
- La cour royale est bordée par deux niveaux de portiques uniformes.
- Animée par des avant-corps au centre de chaque façade et par des pavillons carrés aux angles.
- Dans l’axe de l’entrée se détache le portail de l’église des Soldats avec une ordonnance des colonnes jumelées superposées.
- L’entablement de ces deux ordres se poursuit tout autour de la cour : ionique au rez-de-chaussée et corinthien au premier étage.
- Aux niveaux des chapiteaux ionique les volutes sont des cornes de béliers au corinthien la corbeille est composée de feuilles d’acanthe, de laurier, corne de l’abondance et fleur de tournesol.
- Sur la frise on peut observer des mascarons représentant Apollon.
- Aux frontons de la cour royale seraient évoquées les premières guerres conduites par Louis XIV.
- En ce qui concerne le parties hautes : oculi richement ornés (avec des casques et flanqués des trophées).
- Les pavillons d’angle sont surmontés par des statues de chevaux.
En conclusion on peut dire que cette cour a une architecture rationnelle, équilibrée et d’une extrême simplicité.
En ce qui concerne la décoration : décoration très originale qui mêle les symboles apolliniens traditionnels (tournesol, tête d’Apollon, laurier) et les signes de la générosité royale (la corne d’abondance)
L’EGLISE SAINT-LOUIS-DES-INVALIDES: LA CHAPELLE DE SOLDATS
L’architecte Jules Hardouin-Mansart reprit la direction du chantier et édifia à partir de 1670 l’église de Saint Louis des Invalides qui se compose des deux parties très distinctes.
- Un sanctuaire royal appelé église du Dôme
- Un chœur austère destiné aux offices quotidiens des pensionnaires, nommé église des soldats.
- A la jonction de deux éléments le sanctuaire fût aménagé de façon à assurer la visibilité de l’autel, de cette façon lors de grands cérémonies le roi et les soldats peuvent assister simultanément aux célébrations liturgiques.
- Mansart révisa les dispositions de l’église de soldats prévus par Bruant, il supprima le transept et conserva les trois nefs auxquelles il donna de vastes dimensions.
- Des tribunes sont aménagées au-dessus des bas côtés pour accueillir la nombreuse communauté de militaires.
Plus des 200 drapeaux pris à l’ennemi au cours de campagnes des XIX et XXème siècles sont accrochés au niveaux des voûtes.
Les grands orgues construites au 17ème siècle ont été restaurées au XXème.
Le menuisier Germain Pilon exécuta le remarquable buffet d’orgue selon un dessin d’Hardouin-Mansart.
On célèbre dans l’église des messes commémoratives, notamment.
Conclusion : architecture classique, chef-d’œuvre.
Avec ses deux églises articulées autour du maître autel, l’église des Invalides se présentait comme une église double, solution fréquente dans l’architecture italienne plus rare en France utilisée surtout pour les chapelles des couvents féminins et monastères, où il y avait une nef ouverte aux fidèles et une autre aux moines.