Alexandre DUMAS
Alexandre DUMAS
En 1802, nous sommes dans la période du Consulat, et le 24 juillet, naît à Villers-Cotterêts, Alexandre Dumas Davy de la Pailleterie, fils d’un général républicain et petit-fils d’un marquis et d’une esclave noire. Démuni à la mort de son père, il avait tout juste 4 ans, il commence à travailler dès l’âge de 14 ans comme clerc chez un notaire de la ville. Passionné de théâtre, il écrit ses premières pièces en 1820.
Trois ans plus tard, il s’installe à Paris pour faire fortune. Sa belle écriture lui vaut d’être embauché dans les bureaux du duc d’Orléans. Un an plus tard, naît Alexandre Dumas fils (futur auteur de La dame aux camélias), enfant naturel qu’il a eu avec une couturière et qu’il ne reconnaîtra qu’en 1831 et dont il aura la garde. Les rapports seront d’ailleurs difficiles entre le père, ses nombreuses maîtresses et le fils, souvent mis en pension.
Autodidacte, il s’est surtout formé par la lecture des grands maîtres étrangers dont Shakespeare et Walter Scott.
En 1829, il obtient enfin son premier succès avec Henri III et sa cour, un drame historique qui lui apporte gloire et fortune, devenant ainsi une figure de proue du théâtre romantique, à l’instar de Victor Hugo et Prosper Mérimée.
Il devient par la suite bibliothécaire du duc d’Orléans. Tout en continuant à produire des pièces de théâtre, Dumas se met à écrire des chroniques, des récits de voyage, des romans.
Entre 1832 et 1836, il voyage en Suisse, dans le Midi et en Italie, ce qui fera l’objet de récits de intitulés Impressions de voyage.
A partir de 1840, il rédige plus du 80 romans dont ses plus célèbres, et avec l’aide d’Auguste Maquet, professeur d’histoire qu’il rencontra en 1838.
- les Trois mousquetaires : raconte les aventures d’un jeune gascon, D’Artagnan, venu à Paris avec une lettre de recommandation afin de devenir mousquetaire du roi ; suite à des incidents mineurs, il doit se battre avec les mousquetaires Athos, Portos et Aramis, mais va rapidement s’allier avec eux et devenir leur ami. Ensemble, ils vont déjouer le complot mis en place par Richelieu contre la reine de France Anne d’Autriche.
La réplique la plus connue de ce roman est d’ailleurs cette devise les unissant «Un pour tous, tous pour un »
Suivra 20 ans après (ils se retrouvent pour aider le roi d’Angleterre Charles Ier), et Le vicomte de Bragelonne (dans lequel meurent successivement les quatre amis avec comme fond historique le règne de Louis XIV).
- Dumas écrit un autre cycle, la reine Margot dans lequel est relatée la période suivant le mariage de Marguerite de Valois avec le futur Henri IV, dans le contexte de la Saint-Barthélemy.
- il termine en beauté avec le Comte de Monte-Cristo : accusé à tort d’être à l’origine d’un complot bonapartiste, un marin, Edmond Dantès est envoyé en prison au château d’If. Après 14 années, il réussit à s’échapper et s’empare du trésor de l’île de Monte-Cristo. Il entreprend alors de se venger de ceux qui l’ont accusé.
Le succès de ce roman lui permit de se faire construire un château.
Cette période de travail acharné dessine le style de Dumas : grâce à ses romans populaires, il donne vie au passé et entraîne ses héros vaillants et courageux dans de multiples aventures à la fin desquelles ils punissent toujours les traîtres .
A partir de 1846, tout se bouscule : après s’être engagé dans la construction d’un théâtre qui fait rapidement faillite, puis pendu la crémaillère dans son château qui sera vendu trois jours plus tard, Dumas, ruiné, s’exile volontairement en Belgique en 1850 pour fuir le nouveau régime (Second Empire) et ses 150 créanciers. Il y rédigera ses Mémoires. Il reviendra trois ans plus tard, moyennant un compromis financier avec ses huissiers.
Entre 1855 et 1869, il rédige de nombreux drames, pièces de théâtre et comédie et fait de nombreux voyages : l’Angleterre, la Russie et le Caucase, l’Italie, l’Allemagne, l’Autriche et le dernier, la Bretagne.
Le 5 décembre 1870, Dumas meurt chez son fils, près de Dieppe. Sa dépouille est transférée au Panthéon le 30 novembre 2002.
En 1873, est publié, à titre posthume, le Grand dictionnaire de cuisine, rédigé par Dumas, fin gourmet et grand gourmand.
…et pour finir, quelques citations empruntées à Dumas Père :
- la première concerne ses origines : un jour dans un salon, un homme se lance dans un discours raciste. Dumas fait semblant de l’ignorer jusqu’au moment où il lui dit :
« Mais au fait, mon cher maître, vous devez vous y connaître, en nègres, avec tout ce sang noir qui coule dans vos veines.
Mais très certainement, répond Dumas. Mon père était un mulâtre, mon grand-père était un nègre et mon arrière-grand-père un singe. Vous voyez, monsieur : ma famille commence là où la vôtre finit .»
- deux autres concernant les femmes :
«pourquoi n’aimerait-on pas sa femme ? On aime bien celle des autres ».
« certaines femmes aiment tellement leur mari que, pour ne pas l’user, elles prennent ceux de leurs amies ».
et Dumas fils :
« se marier, c’est prendre femme. Mais la femme de qui ? ».
et enfin un conseil utile : « voulez-vous compter vos amis ? empruntez-leur de l’argent ».
Il n’y a aucun doute, ils sont bien de la même famille. Tel père, tel fils.