Quartier Latin autour de l'art flamboyant LA FACADE DE SAINT-ETIENNE DU MONT
LA FACADE DE SAINT-ETIENNE DU MONT
L'église saint Etienne du Mont est à l'origine une petite chapelle de l'abbaye de sainte Geneviève. L'église de sainte Geneviève datait de VI° siècle. Les habitants du quartier devenus de plus en plus nombreux demandent la construction d'une église paroissiale.
Ainsi, au XIII° on construit une église accolée à l'église Sainte Geneviève sur le flanc sud. Ce qui explique son côté un peu penché.
A partir de 1492 on commence à reconstruire la paroisse en commençant par le chœur bien - entendu. Ainsi le chœur, le déambulatoire et le clocher sont achevés en 1540, tandis que la nef et les bas-côtés datent de 1585.
Le dernier élément est bien - sûr la façade occidentale qui a été réalisée entre 1610 et 1617, la première pierre ayant été posée par Marguerite de Valois qui avait fait un don de 3000 livres, (la première femme d'Henri IV). Saint Etienne a été consacrée en 1626.
C'est pourquoi après avoir traversé un siècle il y a un mélange des styles, une confusion entre le gothique flamboyant et le style renaissance.
Avant de décrire plus en détail cette façade, il faut savoir que celle-ci faisait partie intégrante de l'église sainte Geneviève, et il y avait une symétrie entre les deux façades qui étaient dans le même alignement (il se trouve une gravure dans l'église). Sainte Geneviève a été détruite au en 1807. Il ne reste que le clocher qui se trouve dans le lycée Henri IV.
Cependant la façade de Saint Etienne est tout à fait singulière. Il y a une combinaison entre la structure gothique fondamentale et la décoration à la mode qui est le style renaissance.
On retrouve alors la structure de toutes les églises :
une façade principale à pignon en trois partie - le portail, la baie, un oculus
des bas-côtés qui comportent aussi une baie et deux tours latérales.
Ainsi ce n'est pas dans sa structure véritablement qu'elle est singulière mais bien dans son ornementation.
Il s'agirait d'une œuvre de Hilaire, avec les influences de Philibert Delorme. On peut parler de chef-d'œuvre, Eugène Viollet le duc, n'appréciait pas vraiment cette façade, lui reprochant son manque d'idée directrice, elle n'a pas de style véritable. C'est plus une fantaisie renaissante…
une superposition d'ordre microscopique, des niches, des grotesques*
Il y a tout d'abord deux parties bien déterminées : l'avant corps central qui donne accès à la nef, et qui comporte les principales ornementations.
et deux ailes plates - sans ornementation - qui mène aux bas côtés.
L'avant corps se compose de trois registres : trois frontons aux trois formes différentes (triangulaire, plein cintre, et pignon) celui du dessus en retrait par rapport au premier.
Ainsi on peut voir, au portail donnant sur la nef un portique à quatre colonnes composites, divisées par des tambours bagués sculptés, à cannelures. Cela reprendrait les sculptures qui se trouvaient au palais des tuileries.
Elles portent un entablement qui est surmonté d'un fronton triangulaire sculpté.
Ce tympan triangulaire est surmonté d'un fronton curviligne qui abrite la rosace, elle même encadrée de deux niches. L'ensemble est couronné d'un pignon triangulaire aigu, qui abrite une petite rosace ovale. Elle est entourée de pilastres et au dessus un petit fronton.
Ainsi les éléments gothiques sont représentés par la rosace, le pignon typique, ainsi que les longues fenêtres à ogives géminées.
Ce qui caractérise cette façade c'est aussi abondance de petites décorations.
Sur la porte d'entrée il s'agit de la Résurrection, œuvre d'Auguste de Bay, sur le tympan il est représenté le martyre de saint Etienne, par Jules Thomas.
Dans les niches, à droite il s'agit de Saint Etienne par Joseph Ramus, et à gauche Sainte Geneviève par Pierre Hébert.
Autour de la Rosace l'Ange Gabriel et la Vierge de Joseph Félon.
La façade a été tout de même restaurée au XIX par Baltard entre 1861 et 1868. La façade latérale nord est ornée d'un portail qui date de 1632 dans le style dorique