Autour du Louvre,le massacre de la St Barthélémy
Le massacre de la St Barthélémy
. Introduction
Le début du XVIème siècle – François I, Charles Quint, Henri VIII.
Pour évoquer le massacre de la Saint Barthélemy, il faut replonger quelques décennies en arrière, afin de replacer cet événement dans le contexte historique.
On l’a vu, nous sommes au début du 16ème siècle. Les historiens considèrent que nous quittons le monde du Moyen-âge pour entrer dans la Renaissance.
Le monde change, les idées, les principes, les mœurs se transforment. L’homme prend conscience de son destin personnel.
2. Un nouvel échiquier européen
Au niveau politique européen, François I en France né en 1494, devient roi en 1515. Charles Quint né en 1500, reçoit la Bourgogne et les Flandres à l’âge de 6 ans, il montre sur le trône d’Espagne et de toutes ses possessions en 1516 et est élu empereur à la mort de son grand-père Maximilien d’Autriche en 1519. Il sera le grand rival de François Ier, et cette rivalité aura une influence considérable sur la politique française et au niveau européen. En lutte permanente avec François I, Charles Quint délaisse l’Allemagne, où les idées de Luther vont se propager.
En Angleterre, Henri VIII sera l’autre grand pouvoir face à François I.
3. Le calvinisme et l’implantation du protestantisme
Le calvinisme est la doctrine adaptée par la grande majorité des huguenots. En France, c’est d’abord dans le milieu intellectuel et universitaire du nord de la France qu’il s’est implanté. Mais c’est surtout dans le sud qu’il triomphe (Béarn). Cette religion attire les pauvres en quête d’une religion plus pitoyable à leurs maux, mais également les riches et particulièrement la bourgeoisie, ainsi que les représentants du Parlement. L’armée est également touchée par l’emploi de mercenaires allemands et suisses qui répandent le protestantisme parmi les soldats. La conversion des Bourbon, Navarre et Condé donne la légitimité au mouvement.
25 mai 1559 : 1er synode protestant
Les prédicateurs catholiques commencent à exciter les foules.
4. Les personnages clés de l’histoire
a) Les successeurs des précédents
A la mort de François I en 1547, son fils Henri II monte sur le trône. Il est marié depuis 1533 à Catherine de Médicis. A la mort de Henri II en 1559, sous la coupe de Catherine, ses fils François II, Charles IX, Henri III. Charles IX, jaloux de son frère Henri.
En 1556 Charles Quint abdique au profit de son fils Philippe II qui sera en lutte permanente avec Henri II et Catherine de Médicis.
Marie Tudor, et surtout Elisabeth Ière d’Angleterre (1533 – 1558 - 1603), fille d’Henri VIII et Anne Boleyn
b) Diane de Poitiers (1499 – 1566) – Favorite de Henri II, en lutte d’influence avec Catherine de Médicis auprès du roi. Catholique convainque, elle se méfie du Connétable de Montmorency et favorise les Guise.
c) Catherine de Médicis (1519 – 1589) – Ses fils et le royaume avant tout.
d) Anne de Montmorency (1492 – 1567), élevé avec François I, grand militaire, prisonnier à Pavie avec le roi, il devient Connétable en 1538, il tombe en disgrâce en 1541, mais revient en grâce auprès de Henri II à la mort de François I.
Il est l’oncle de Gaspard de Coligny, qui profite de la position de son oncle.
e) Les Guise
François de Guise – 1519 – 1563
Charles de Guise – 1524 – 1574 (Avignon)
Henri Ier le Balafré, fils de François (1550 – 1588) Assassiné à Blois – Instigateur du massacre de la St Barthélemy.
Charles de Lorraine, fils de François (1554 – 1611) devient chef de la ligue à la mort de son frère Henri.
Louis II, cardinal de Lorraine, fils de François (1555 – 1588) Assassiné à Blois
f) Henri de Navarre, protestant, épouse Marguerite de Valois fille de Henri et Catherine le 18 août 1572. Ce mariage devait sceller la réconciliation entre catholiques et protestants. Il échappe au massacre, est gardé prisonnier et se convertit au catholicisme. Puis il s’enfuit et renoue avec le protestantisme.
g) Gaspard de Coligny (1519 – 1572)
Neveu d’Anne de Montmorency
Il participe aux guerres de François Ier, puis de Henri II contre Charles Quint et Philippe II. Il devient Amiral en 1552, puis est fait prisonnier jusqu’en 1159 par les Espagnols. Converti au protestantisme, il devient leur chef. Il s’oppose à la paix d’Amboise de 1563. Il est impliqué dans l’assassinat de François de Guise par jean de Poltrot de Méré le 18 fév 1563.
En 1569, sous l’autorité de Henri de Navarre, il devient commandant en chef de l’armée protestante, mais revient à la cour après la paix de Saint Germain en 1570. Il exerce une influence de plus en plus grande sur le roi de France Charles IX. Il incite le roi à soutenir les rebelles des Pays-Bas contre le roi Philippe II. Haï par Catherine de Médicis et les Guise il échappe à un premier attentat le 23 août 1572, mais figure parmi les premières victimes de la saint Barthélemy dans la nuit du 23 au 24 août 1572.
5. Les différents traités
2 juin 1559 : édit d’Ecouen
Pour les protestants, la fuite ou la révolte.
1559 : mort de Henri II
1560 : édit d’Amboise, annule l’édit d’Ecouen
Fev 1560 : conjuration d’Amboise, projet d’enlèvement de François II par les protestants.
1560 : mort de François II – Retour du Connétable et de Coligny
1562 : Edit de Janvier : autorisation de la pratique du culte en dehors de certains villes closes.
A ce moment la royauté aurait pu pencher vers le protestantisme par opposition aux Guise.
1er mars 1562 : massacre de Wassy, dite 1ère saint Barthélemy par Michelet.
1563 : Edit d’Amboise : liberté de culte protestant
Puis Coligny livre Le Havre aux Anglais.
1563 : Assassinat de François de Guise
1567 : projet d’enlèvement du roi
29 sept 1567 : à Nîmes, 150 catholiques tués – « la Michelade »
Attaque de Paris par les protestants – mort de Montmorency à Saint Denis
1568 – Catherine de Médicis devient l’adversaire déclaré des protestants, et voulut faire enlever Condé et Coligny – nouvel édit prohibant le culte réformé, sans effet.
1569 : Jarnac – assassinat de Condé
1570 Traité de Saint Germain : négociations entre catholiques et protestants. Liberté de conscience, liberté du culte, quatre places de première importance destinées à la sûreté des calvinistes : La Rochelle, Montauban, La Charité, Cognac
La paix est revenue et doit être scellée par le mariage de Marguerite de Valois avec Henri de Navarre en 1572.
Décembre 1571 destruction de la croix Gastine. Elle commémorait le châtiment reçu par deux marchands protestants qui avait hébergé chez eux le culte calviniste.
Juillet 1572 : bataille de Quiévrain.
Coligny a poussé le roi à soutenir les insurgés protestants des Pays-Bas contre Philippe II d’Espagne. Echec.
Catherine, pour sauver le pouvoir de son fils et la royauté ne voyait qu’un moyen : faire tuer Coligny par les Guise, puis les Guise par les vengeurs de Coligny.
6. L’attentat contre Coligny et le début du massacre
Le mariage d’Henri de Navarre et Marguerite de Valois mit en présence les chefs protestants et catholiques. La tension était à son comble.
La fête se prolongeait encore lorsque un homme appelé Maurevert se poste dans une maison rue des Poulies, devant laquelle l’Amiral avait coutume de passer en revenant du Louvre. Il se posta près d’une fenêtre, son arquebuse en position. L’Amiral n’est que blessé à l’index droit et au bras gauche.
L’ancien prévôt Marcel, avec les agents des Guise et un grand nombre de moines incitent les parisiens à s’équiper d’armes qu’il distribue. Au matin du 23 août, la capitale prend son visage des jours d’émeute. Catherine et ses conseillers effraient le roi, qui faible, se laisse fléchir. Assoiffé de haine, il donne l’ordre du massacre.
Dans la nuit, deux hommes se présentent à la demeure de l’Amiral, enfoncent la porte, se trouvent face à lui les attendant. L’un deux, Besne, lui dit : n’es-tu pas l’Amiral ? C’est moi, va, tu n’abrégeras rien. L’homme lui transperce le corps de son épée, puis le frappe à la tête. En bas, Guise s’impatiente. Besne, as-tu fini ? C’est fait. Ils jettent le corps par la fenêtre. Sa tête est coupée et emmenée au Louvre. Il meurt de la haine des parisiens fanatisés, de la vengeance des Guise, de la peur de Catherine, mais surtout il est victime de son pacte avec l’Angleterre.
Le tocsin de Saint Germain l’Auxerrois sonne depuis 4 heures du matin. Le massacre s’étend partout. Hommes, femmes, enfants sont massacrés. 3 à 4000 personnes. Le 30 septembre, le roi ordonne l’arrêt des tueries. Hélas, si la capitale s’apaise, la province est en feu. A Lyon, à Meaux, à Rouen, à Troyes, à Toulouse, des massacres ont lieu. La Provence demeure paisible. Mais la plupart des officiers garderont leur sang-froid et résisteront aux pressions des fanatiques.
7. Conclusion
De 1562 à 1598, 8 guerres de religions
Personne ne doute que la St Barthélemy ne fut dictée par des motifs personnels et politiques, aucunement religieux.
Le crime ne fut pas dirigé contre les huguenots, mais contre le chef d’un parti organisé qui se disposait à imposer sa volonté au roi dans la politique extérieure.