Q.Latin baroque,La Sorbonne
LA SORBONNE
Naissance de la Université
- L’école canoniale de Notre-Dame, créé sous la tutelle de l’évêque en 781 par Charlemagne, demeure au début du XIIème siècle l’école la plus estimée de Paris. Seul son chancelier délivre aux clercs la licence qui leur permet d’enseigner la théologie et le droit canon. Pour échapper aux lourdes taxes que l’évêque exige pour accorder la licence, maitres et étudiants s’établissent peu à peu sur le territoire de l’abbaye de Saint Geneviève.(le chanoine Pierre Abélard, quitte l’île de la Cité)
- Guillaume de Champeaux, chancelier où écolâtre de Paris, regroupe une communauté soumise à la règle de Saint Augustin et ouvre son école en 1108. cette rupture avec l’évêque déclenche des graves conflits.
- Le roi Philippe Auguste reconnait l’université parisienne en 1200. le Pape confère en 1215 le pouvoir d’enseigner aux maitres de l’université auxquelles sont attribués des privilèges : le sceau et le droit de grève.(universités Bologne et Oxford).
- L’université divisée en 4 facultés : arts, droit, médicine et théologie devient une corporation autonome dépendant du Pape. La langue commune des études, le latin, donne son surnom au quartier.
- Des étudiants aisés côtoient des jeunes gens modestes hébergés dans des institutions charitables, les collèges. Les plus célèbre d’entre eux : la Sorbonne.
La Sorbonne
- En 1257,le chanoine Robert de Sorbon, confesseur de Saint-Louis, obtient du roi la jouissance d’une maison domiciliée rue Coupe-Gueule (en latin, après rue de deux portes) (actuelle rue de la Sorbonne), pour offrir le gîte et le couvert à 16 étudiants aspirant au doctorat de théologie. Telle le origine modeste de la Sorbonne (1-19 rue de la Sorbonne), désignée en 1270 comme siège de la faculté de théologie de Paris.
- Elle exerce un véritable magistère moral et religieux, régentant le monde catholique, condamnant les hérétiques, puis les calvinistes, les humanistes, les jansénistes…
- Pendant des siècles, elles est un Etat dans l’Etat, détenant un droit de regard et de censure sur les écrits doctrinaux.
- Le commerce des livres et des manuscrits lui confère une place prépondérante au sein de l’Université. Cela est lié au fait que le première livre « les lettres de Gasparin de Bergame », fut imprimé à la Sorbonne en 1470 par trois imprimeurs venus de Bâle.
- Le cardinal de Richelieu, proviseur de la Sorbonne en 1622, ordonne de raser les bâtisses décrépites du XIV siècle et de reconstruire, à ses frais, le collège comprenant la chapelle Sainte-Ursule où il fait le vœu d’être inhumé. Sur le sol de la cour d’honneur, un pointillé blanc marque l’emplacement de la chapelle primitive édifiée en 1326.
- La Sorbonne confisquée en 1792, redevient le siège de l’Université en 1821. le cours sont suspendus et la société de la Sorbonne est supprimée. les bâtiments ne recevront plus d’étudiants pendant 30 ans. Sa riche bibliothèque est dispersée et en partie transféré à la bibliothèque national. Lors du pillage de la chapelle, le collectionneur Alexandre Lenoir sauve le tombeau du Cardinal. Le reste du mobilière disparait ainsi que les emblèmes sculptés.
De 1885 à 1901, l’architecte Henri-Paul Nénot assure la reconstruction totale des bâtiments autour de la chapelle préservée. 17 projets de reconstruction, Le architecte retenu, jeune prix de Rome encore inconnu mais soutenu par Garnier.
Remarquable respect de l’esprit XVIIIème. Autour de la chapelle, conservé jusqu’a dans sa fonction, la cour d’honneur garde son périmètre antérieur, les caractéristiques de l’ancien Sorbonne, avec les toits d’ardoise, les grandes lucarnes.
Construction : dualité des éléments, tout évoque les deux principal facultés hébergés : les lettres et les sciences : les galléries, les amphithéâtres, les tours (de physique et de astronomie), le décor, les statues…tout va par deux et évoque alternativement les lettres ou les sciences. Les matériaux : grand appareil de pierre de taille sur la rue des écoles et brique émaillée dans la gallérie Gerson (rationalisme plus moderniste pour la faculté des sciences)
La Sorbonne nouvelle (47 rue des écoles) s’œuvre sur un vaste vestibule orné des statues d’Homère et d’Archimède.
Les bustes de Victor Hugo et de Louis Pasteur sont placés dans la cour d’honneur.
Le grand amphithéâtre de 1128 places, décoré d’une vaste composition, « le bois sacré » peint par Pierre Puvis de Chavannes, accueille les solennités universitaires.
Après l’éclatement de l’université de Paris en 13 facultés, la Sorbonne est, depuis 1969, le siège de la chancellerie de l’université et des facultés de Paris I et Paris IV. Elle reste le symbole de l’université française.
La Chapelle Sainte Ursule : un écrin au mausolée de Richelieu.
- De 1635 à 1642, l’architecte Jacques Lemercier, mandaté par Richelieu, édifie la chapelle « à la romaine ». Richelieu future ministre de Louis XIII, conçut pour la chapelle un projet grandiose (chapelle collégial et chapelle funéraire)
- Ses deux façades évoquent respectivement l’ancienne et la nouvelle Rome :
sur la place c’était l’église de Gesù, sur la cour la colonnade du Panthéon.
- Les 2 façades qui ordonnent les axes :
Façade sur la place
composition a deux niveaux d’égale hauteur, dans l’esprit des façades italiennes de la contreréforme, animé essentiellement par l’avant corps central
en bas :
six colonnes corinthiens portent un entablement
au dessus, des pilastres composites reçoivent un fronton allongé, aujourd’hui nu mais à l’origine sculpté aux armes de Richelieu. fronton de style jésuite inspiré de l’église du Gesù.
Des délicates volutes relient les deux niveaux aux dessus des fenêtres latérales
Les niches ont reçu à la fin du siècle dernier des nouvelles statues (détruites à la révolution)
Les armes de Richelieu ont été restitues à l’emplacement de la grand fenêtre au dessus d’une horloge qu’encadrent la science et la vérité.
Façade sur la cour, façade nord
traitée à l’antique donne un théâtralité à la cour d’honneur de la Sorbonne :
Le portique 10 colonnes corinthiennes, élevé sur un perron, soutient un fronton triangulaire surmonté de statues (du siècle dernière, la poésie, la philosophie, théologie, science, religion, éloquence)
Péristyle imité de celui du Panthéon romane.
Au dessus, grand baie thermale, toiture en pavillon du transept puis la coupole en léger retrait.
Baie en demi-cercle imité de la basilique de Constantin.
Sur l’entablement du fronton inscription latine du célèbre fondateur (cardinal et duc de Richelieu, proviseur de la Sorbonne a fait construire cette église en 1642)
La coupole
L’église élevé à Paris une de toute premières coupoles de la ville. La deuxième, presque contemporaine a celle de Saint Paul, Saint Louis des jésuites.
Le dôme placé à la croisée du transept se trouve également dans l’axe de ces façades. Ces le premier dôme entièrement construit en pierre, percé de hautes fenêtres, couvert d’ardoises retenues par des côtes de plomb.
Ce dôme dit classiques fut repris au Val-de-Grâce, à l’Institut et aux Invalides.
Plan, Le mercier reprenait celui de San Carlo ai Catinari qu’il avait vu construire à Rome. On a pu définir le plan comme une croix grecque surimposée à une croix latine
Le Mercier justifie l’emploie de ce plan par le deuxième portail
Original composition,
Croisée centrale une coupole, deux bras de transept égaux, nef et chœur symétriques, 4 chapelles sans communication entre elles.
- A l’intérieur simplicité, sobriété, pureté de lignes ; arcs doubleau, usage très discret de la couleur.
- Dans le chœur(les ornements ont disparu pendant la révolution) repose l’admirable tombeau de Richelieu, exécuté par le sculpteur François Girardon en 1694. chef d’œuvre de la sculpture funéraire. Long de 5 mètres, Le cardinal allongé sur un baldaquin au moment d’affronter le jugement dernier., une main sur le cœur et le regard tourné vers le ciel, désigne l’Ecriture sainte. Il est soutenu par la Piété et pleuré par la Doctrine Chrétienne, agenouillé à ses pieds. La tradition veux que deux des nièces de Richelieu ait prêté leurs traits à ces allégories. Toutefois, la manière et les thèmes développes par le peintre Nicolas Poussin ont sûrement inspiré Girardon.
- La Sorbonne influencera profondément l’architecture religieuse parisienne du XVIIème ( Val de Grace composition urbain presque identique où intervient aussi Le Mercière)