Q.Latin baroque, le palais du Luxembourg
Le Palais du Luxembourg
Il tient son nom de François de Luxembourg, pair de France, qui fit l’acquisition d’un hôtel voisin, aujourd’hui appelé Petit Luxembourg (résidence du président du Sénat). Cet hôtel, et son domaine, sont vendus en 1612 à Marie de Médicis, devenue régente deux ans plus tôt, à la mort d’Henri IV.
Celle-ci, à l’instar de Catherine de Médicis aux Tuileries, veut se faire bâtir un palais indépendant du Louvre qu’elle n’aimait guère et dans lequel elle s’ennuyait. Elle acquiert en même temps quelques proches maisons et fait appel à l’architecte Salomon de Brosse pour la réalisation de son palais, qu’elle veut inspirer du Palais Pitti à Florence, dans lequel elle a passé son enfance. Les travaux commencent en 1615 (à côté du Petit Luxembourg qui est conservé).
Pendant la construction, Marie de Médicis s’adresse au peintre Rubens pour des tableaux évoquant sa vie avec l’usage de nombreuses allégories, ceci destiné à orner ses appartements (aile droite) et en même temps, à affirmer son pouvoir. Elle s’installe dans son palais en 1625.
A ce moment-là, celui-ci se compose d’un corps de logis de deux étages entouré de quatre pavillons carrés. Deux de ces pavillons (côté nord) sont le point de départ de deux ailes fermées par une galerie couronnée par un dôme à lanternon connu sous le nom de dôme Tournon (cardinal français, abbé de Saint-Germain-des-Prés).
Cependant, elle doit quitter son palais 5 ans plus tard, alors que celui-ci venait d’être achevé, et ceci suite à la « Journée des Dupes » :
- le 10 novembre 1630, profitant de la faiblesse de son fils Louis XIII, malade, Marie de Médicis et sa femme, Anne d’Autriche, le persuade pour des raisons de politique, de destituer son ministre, le cardinal de Richelieu. Le parti de la reine mère est alors réuni dans une salle du Palais du Luxembourg dont les portes sont fermées. Cependant, Richelieu parvient à pénétrer dans la salle par une porte dérobée et plaide sa cause auprès du roi. De retour en grâce, il est réhabilité dans ses fonctions de premier ministre. Louis XIII fait exiler sa mère aux Pays-Bas. Marie de Médicis ne revient jamais dans son palais et meurt à Cologne en 1642.
Le palais passe alors aux mains de Gaston d’Orléans, frère du roi, puis à sa fille, la Grande Mademoiselle, pour finir dans celles de Louis XIV.
Au moment de la Révolution, il devient propriété nationale. Pendant la Terreur, c’est une prison. En 1795, il est affecté au Directoire, puis au Sénat. Par la suite, il gardera sa vocation parlementaire.
Pour mieux répondre à sa nouvelle vocation, deux architectes successifs vont modifier le palais. Il s’agit de Jean-François Chalgrin (également architecte de l’Arc de Triomphe) puis d’Alphonse de Gisors.
Le corps de logis est doublé en profondeur, deux pavillons sont ajoutés, et à l’intérieur, un hémicycle pour les séances du Sénat et une bibliothèque, entre autres. La galerie Nord est percée de baies.
Pour résumer, le Palais du Luxembourg aujourd’hui, a la forme d’un vaste quadrilatère dont les angles sont marqués par des pavillons saillants. Le corps central précédé d’une cour d’honneur en marbre blanc et noir (détruite par Chalgrin puis restituée), est composé de bossages toscans (au lieu du mélange brique-pierre), de pilastres jumelés et de colonnes baguées. Superposition des ordres toscan, dorique et ionique → ordonnance que l’on retrouve dans la cour du Palais Pitti. C’est la seule trace d’inspiration italienne puisque le Palais du Luxembourg s’inscrit plus dans la tradition française.