Q.Latin baroque, les jardins du Luxembourg
LE JARDIN DU LUXEMBOURG
Charles Péguy a écrit au sujet du jardin du Luxembourg : « les plus belles fleurs du monde dans le plus beau jardin du monde ».
Parfaitement intégré à son parc, le palais s’ouvre sur la perspective du jardin à la française et ses « haha ! » comme le jardin à l’anglaise caché derrière les buissons. C’est aussi un musée de plein air de statues des XIXème & XXème Siècles que nous découvrons au fil de la balade.
Le jardin accueille quelques 100 000 visiteurs par jour l’été. Ouvert au public très tôt, se sont promenés sur ses allées Diderot, Watteau, Anatole France, André Gide…
Le jardin en quelques chiffres :
- 25 hectares dont 21 ouverts au public
- 60 000m² de pelouse
- 35 000 arbustes
- 80 000 fleurs dont 15 000 en serres
- 45 orangers, 30 palmiers, 30 grenadiers, 40 lauriers-roses…
HISTORIQUE
Au lendemain de l’assassinat du roi Henri IV, la reine Marie de Médicis met tout en œuvre pour se faire construire un palais digne de ce nom. En effet, le Louvre n’est pas des plus confortables et sa Toscane natale lui manque avec ses Jardins et palais somptueux.
Pour ce faire, elle envoie l’architecte du roi Métezeau en Italie puis elle choisit le quartier de Saint Germain des Prés, quartier de résidence de ses amis la famille Gondi, hors les murs de la ville. Elle achète le petit Luxembourg du duc du Luxembourg et ses terrains=8 hectares=amorce de son projet. Malheureusement pour elle, les pères du couvent des Chartreux, installés depuis Louis IX (St Louis), ne veulent céder à aucun prix leurs terres.
Avant les Chartreux, le château de Vauvert, construit par Robert II le Pieux , fils d’Hugues Capet, comme résidence des rois. Abandonné et en ruines, utilisé comme repaire par une bande de brigands. Pour être tranquilles, ils imaginent des tours pour faire fuir les curieux. Le château passe pour être hanté. Saint Louis donne les terres à l’ordre des Chartreux pour qu’ils s’y installent et faire cesser la mascarade.
Louis XIII ne laissera pas à sa mère le temps de jouir de son palais (Salomon de Brosse), il la chasse hors de France. Le domaine reste dans la famille royale, connaît plusieurs propriétaires mais n’est pas entretenu jusqu’à la Grande Mademoiselle. Et avec la Duchesse de Berry, Robert de Cotte donne sa forme octogonale au bassin central en 1715.
Ainsi, le jardin est orienté Est/Ouest, le long de la rue de Vaugirard sur environ 800m, alors que l’axe Nord/Sud ne s’étend que sur 300m.
Apparition de André Le Nôtre à la mort de la reine, alors jardinier de Gaston d’Orléans (1642).
Ce n’est qu’après la Révolution, en 1800, lorsque les biens des religieux sont nationalisés, que le clos des Chartreux est rattaché au parc du palais du Luxembourg. La Constitution affecte le Directoire au palais et le parc est agrandi vers le Sud (rue d’Assas et Bd St Michel) : élément essentiel pour créer la perspective du jardin à la française où la nature est organisée afin d’intégrer parfaitement le palais à son environnement.
[de 1838 à 1842, l’aile Ouest du Palais est agrandie et des parterres sont supprimés sur environ 33m. ]
LE JARDIN
La perspective du jardin à la française : s’organise autour du bassin octogonal de Robert de Cotte (disciple de Jules Hardouin-Mansard)
L’axe central est le bassin octogonal entouré de 4 carrés de pelouse :
Nord : entre palais et bassin
Sud : grand carré avec statue Diane Chasseresse, copie de l’antique
Est et Ouest : en demi sphère, statue de David et de Vénus
La perspective jusqu’à l’Observatoire du Luxembourg=1 400 m de long est organisée par Chalgrin. Le même crée le jardin à l’anglaise et l’orne d’arbres à essences rares au début du 19ème Siècle.
Dans le jardin : statues 19ème et 20ème Siècles. A voir : le marchand de masques, la liberté éclairant le monde de Bartholdi, les reines de France dont Marie de Médicis, initiatrice du parc du Luxembourg, etceteri etcetera.
En règle générale, les statues d’artistes, pas forcément connus, représentes d’autres artistes connus qui ont pour certains fréquentés le jardin : la Comtesse de Ségur, Zadkine (dont l’atelier est le musée au 100bis rue d’Assas) et son hommage au poète ou Paul Eluard, Beethoven etc.
LA FONTAINE MEDICIS
- par les frères Francine, italiens. A l’origine d’une grande famille de fontainiers (160 ans, jusqu’à la fin de l’Ancien Régime), dont le plus célèbre, Olivier, crée les eaux et fontaines de Versailles.
- plaquée au mûr à refends du domaine des chartreux (voir polycop’ de Mr Boret) à sa création en 1630, puis déplacée quand rue de Médicis percée par Haussmann en 1861 et installée à sa place actuelle.
- au début c’est une grotte, dont les niches sont vides. Devant, une fontaine deviendra un bassin étendu sur 50m et bordé de vases médicis et de platanes par Alphonse de Gisors, lorsque le groupe de Auguste Ottin sera placé : Polyphème surprenant Acis et Galatée, au centre, et dans les niches : Pan à gauche et Vénus à droite.
Au dessus, 2 sculptures du 17ème Siècle, depuis l’origine de Biart représentent : le fleuve du Rhône à droite et la rivière de la Saône à gauche (se rencontrent à Lyon, ville des banquiers italiens, dont les Médicis sont une des plus grandes familles.). Entre le fleuve et la naïade : les armes des Médicis sont des fleurs de lys et des besants (pièces de monnaies).
- au dos de la fontaine a été plaquée la fontaine du Regard ou Léda. Avant sur place du Regard détruite quand rue de Rennes fut percée. Style premier Empire, ornée d’un bas-relief représentant Léda et le cygne, (voir cours de Mme Masset, les aventures (pas très catholiques…) de Zeus). Artiste : Valois.
La fontaine, ombragée l’été, est le coin dit le plus romantique du jardin du Luxembourg.
Aujourd’hui, le jardin du Luxembourg est un lieu de promenade et de rencontre.
Héritage des chartreux : arbres fruitiers (pour les sénateurs, pas cool), roseraie et rucher (cours d’apiculture depuis 1856). Aussi des cours d’horticultures sont dispensés. La serre est très réputée.
Ne pas oublier les expos photos temporaires sur les grilles de Davou (19ème Siècle) en ce moment sur les enfants du monde.