Les massacres de septembre
Saint-Germain-des-Prés
L’abbaye, prison à la Révolution, et les Massacres de Septembre.
Ø Situation :
Tout près de l’église, au niveau de l’actuel boulevard Saint Germain, entrée face à la rue Montfaucon.
Ø Histoire de la prison de l’abbaye :
Construite au début du XVIIème siècle, la prison de l’abbaye était un bâtiment à plusieurs étages, flanqué de 2 ou 4 tourelles (selon les sources) et avec un pilori devant.
D’abord prison seigneuriale dépendant de l’abbé qui avait le droit de juger les personnes relevant de son territoire (c’est-à-dire le Bourg Saint Germain). On y emprisonnait des personnes coupables de crimes divers : vols, fraudes, contrefaçons, assassinats, violences, trouble à l’ordre public, sorcellerie, blasphèmes…
En 1674, Louis XIV abolit les justices seigneuriales et particulières, la prison de l’abbaye est convertie en prison royale où étaient incarcérés principalement des militaires.
Au moment de la Révolution Française, l’abbaye est démentelée, on vend une partie des bâtiments, l’église est fermée et la prison devient prison nationale du gouvernement révolutionnaire.
Cette prison aujourd’hui disparue est célèbre pour avoir été le théâtre des épisodes sanglants des Massacres de Septembre 1792.
Ø Les Massacres de Septembre :
- Contexte historique :
1789 : Abolition Ancien Régime et instauration d’une monarchie constitutionnelle.
1792, avril : France en guerre contre l’Empire Austro-Hongrois. Manifeste de Brunswick qui menace Paris s’il est porté atteinte au Roi de France.
1792, août : Insurrection des Tuileries qui entraîne la chute du roi et de la monarchie constitutionnelle.
La Convention Nationale prend le pouvoir.
Rumeurs de complot interne et avancée de l’armée autrichienne à la frontière entraînent une peur généralisée.
Raffles se multiplient : sont emprisonnés dans la prison de l’abbaye des prètres réfractaires (refusant de signer le serment civil), des gardes suisses survivants du 10 août aux Tuileries et d’autres détenus anti-révolutionnaires comme le Comte de Montmorin (ancien ministre), l’abbé Lenfant (confesseur du roi), etc…
« La patrie en danger » : peur du péril intérieur, appels à la vengeance, idée de complot royaliste.
On considère le Tribunal Criminel Extraordinaire pas assez efficace.
La nouvelle de la Prise de Verdun par les autrichiens va déclencher les Massacres de Septembre.
- Déroulement des évènements :
Le 2 septembre 1792 : Attroupements d’hommes armés (qu’on appellera plus tard les « Septembriseurs ») font irruption dans les jardins de l’abbaye et exigent le jugement et la sentence immédiats d’un groupe de prisonniers (des prètres réfractaires) qui venaient d’y être transférés.
S’improvise un « tribunal », une commission populaire présidée par le sans-culotte Stanislas Maillard (surnommé « Tape-dur ») :
- Vérification de l’identité du prisonnier dans le registre
- Bref interrogatoire
- Sentence rendue
= Généralement déclaré coupable, condamné à « la Force » (pouvait faire croire à un transfert vers cette autre prison parisienne) : il franchit la porte et est aussitôt massacré à coups d’épées, de piques, de baïonettes, etc… Presqu’un spectacle.
Les massacres s’étendent aux prisons voisines et vont durer plus de 4 jours.
- Bilan :
Presque 2000 victimes, soit la moitié des prisonniers parisiens. Une majorité de prisonniers de droit commun (dont femmes et enfants), puis des prètres réfractaires, des gardes suisses, et enfin des détenus pour cause politique.
Episode ignoré et plus ou moins approuvé par les dirigeants (Marat s’en félicite).
Ø En ce qui concerne la prison de l’abbaye, elle redevient prison militaire après la Révolution (opposants à Napoléon Ier). Démolie entre 1854 et 1857.