Champs Elysées Quartier, LES CRUES DE LA SEINE
LES CRUES DE LA SEINE
La Seine, longue de 776 Kms prend sa source sur le plateau de Langres à St Germain-Source-Seine en Côte d’Or. Elle coule du sud-est vers le nord-ouest et se jette dans la Manche près du Havre.
Elle arrose des villes comme Troyes, Paris et Rouen.
Ses affluents : l’Aube, l’Epte, l’Essonne, l’Eure, le Loing, la Marne, l’Oise, l’Orge, l’Yerres, l’Yonne.
Elle traverse 14 départements.
Les crues de la Seine sont une constante de son bassin. La première mention d’une crue à Paris est rapportée par Grégoire de Tours, la crue de 582. On dénombre une soixantaine de crues majeures depuis le 6ème siècle, soit une tous les 26 ans en moyenne. Les crues à Paris sont répertoriées à partir de la crue de 1658, la crue la plus importante avec une hauteur de 8.96m. Pour résoudre le problème, entre Rouen et Paris, la Seine fut canalisée au XIXe siècle. Sept barrages permettent la navigation fluviale. Puis pour éviter les crues, de nombreux travaux de régulation ont été réalisés. 4 lacs réservoirs ont été créés entre 1960 et 1990 sur la Seine et ses affluents : Lac d’Orient (Seine) dans l’Aube, lac du Der-Chantecoq (Marne), lac d’Amance et lac du Temple (Aube) et lac de Pannecière (Yonne).
A Paris, le débit moyen est de 250m3/s et peut dépasser 2400 m3/s en période de crue. Les crues sont mesurées depuis 1876 par une échelle hydrométrique installée au Pont d’Austerlitz, mais c’est le zouave du Pont de l’Alma qui est l’indicateur le plus populaire. La statue du zouave ornait avec 3 autres statues l’ancien pont de l’Alma, victoire de Crimée. C’est une oeuvre de Georges Diébolt. Le pont fut reconstruit dans les années 1970 et le seul le zouave tant apprécié des Parisiens fut replacé.
La crue de 1910 est restée dans la mémoire collective. Elle a fait l’objet des premiers reportages photographiques et d’une grande médiatisation, ce qui permet de disposer aujourd’hui de nombreuses informations sur son déroulement. Les crues de 1924 et 1955 ont moins marqué les esprits, bien qu’elles aient causé des dommages importants.
L’inondation se présente sous trois formes : l’inondation directe quand le fleuve déborde de son lit, l’inondation indirecte produite par le refoulement des égouts, et l’inondation par infiltration due à la porosité du sous-sol et qui inonde les caves.
En janvier 1910, l’eau atteint la hauteur de 8.68 m, le zouave a de l’eau jusqu’aux épaules. La montée des eaux se fait en 10 jours, la décrue en 35 jours. La Seine reprend son ancien cours. Les causes sont : pluies peu intenses mais répétées, sols saturés, puis grosses pluies dans les affluents. Le mois de janvier est doux et précipite la fonte des neiges sur les hauteurs du bassin.
A partir du 23 janvier, les eaux atteignent les quais, entraînant affaissements de terrains, coupure de l’éclairage public et privé, l’arrêt des trams, les lignes de métro sont englouties, les gares paralysées. Les ordures ne sont plus ramassées et jetées dans la Seine. Peu de victimes à déplorer, mais dégâts considérables. 200 000 personnes sinistrées. Autres inondations : jan 1924 (7.30 m), jan 1955 (7.10 m), jan 1982 (6.13 m), déc 1999 (5.19 m).
Aujourd’hui, nous attendons la crue centennale. De nombreuses précautions ont été prises pour étanchéifier les réseaux électriques et téléphoniques, mais on sait que les dégâts seront malgré tout très importants. Il y aura un délai de 3 jours pour se préparer à la crue : ainsi, les caves pourront être vidées. Des conseils sont donnés par la mairie de Paris pour faire face : se munir d’une radio et de piles pour écouter les informations, avoir des lampes électriques, un stock d’eau etc…