Paris Antique: Les jeux du cirque
LES JEUX DU CIRQUE ou LUDI ROMANI by Aude
Nous sommes ici dans les Arènes de Lutèce. Cet édifice est particulier car c’est un amphithéâtre où se déroulaient les jeux du cirque et les jeux scéniques.
I – Les jeux scéniques
a ) Le mime
Aussi appelée atellane ou pièce de théâtre bouffonne, signifie étymologiquement : imitation de la vie. Donc les thèmes abordés sont ceux de la vie de tous les jours. L’adultère revient le plus souvent. Le but est de faire rire grâce à une panoplie de grimaces, gestes ou jeux de mots, le tout accompagné de musique, chants, vers ou proses. Il y avait aussi des animaux, des jongleurs. Aux Ier et IIème Siècles, certaines pièces pouvaient aller jusqu’à l’exécution d’un homme sur scène. Celui-ci étant un condamné à mort.
b ) La pantomime
Etymologiquement : celui qui imite tout. Il s’agit d’une performance du comédien qui est seul sur scène. On peut le comparer à un «one man show » sauf que le comédien ne parle pas. Il joue tous les personnages et s’exprime à l’aide de gestes qui donneront naissance à un code gestuel très complexe que les romains et les gallos romains apprendront grâce à la fréquence des jeux.
c ) La comédie
C’est un spectacle qui traite là encore de sujets de la vie quotidienne, aussi d’intrigues extraordinaires et de thèmes romanesques. Les acteurs s’expriment en parlant ou chantant, avec de la musique. Un auteur célèbre : Plaute. Dans ses œuvres, il y a 40% du texte parlé, 40% accompagné de musique et 20 % chanté. Ses œuvres seront de plus en plus caricaturales et donneront naissance à la Comedia Dell’Arte.
d ) La tragédie
Jugée extrême et excessive, parfois politique, elle nécessite des installations particulières (plusieurs ouvertures) c’est pourquoi il n’y aura pas de représentation de tragédie ici à Lutèce.
II – Les jeux du cirques
Ce sont les munera, ou combats de gladiateurs, organisées comme un spectacle aà voir en famille, ouvert au public de toute la région.
Les munéra sont d’origine étrusque. Lorsque les grecques découvrir les munera, elles consistaient en ballet macabre où les esclaves dansaient sur les tombes en feu des soldats morts aux combats. Les grecques, pour célébrer leurs dieux, organiseront les combats de gladiateurs, les courses de chars et les chasses ou venatio plusieurs jours dans l’année, plus de 100 jours leur étaient dédiés, parfois jusqu’à 200 fois l’an.
a) Les courses de chars
Les courses de chars sont les jeux les plus fréquents. Ils se déroulent dans un édifice : le cirque. L’aurige pilote le char appelé quadrige lorsque celui-ci est tiré par 4 chevaux. Les rênes sont attachés à la taille de l’aurige qui a un couteau pour se dégager en cas d’accident. Quatre chars font la course. Ils doivent réaliser 7 tours de piste, qui s’organise autour de la spina, mur situé au centre du cirque. Chaque aurige a une couleur qui représenterait les saisons (et oui, les courses aussi célèbres les dieux, peut-être les dieux des saisons) : vert pour le printemps, rouge pour l’été, bleu pour l’automne et blanc pour l’hiver. Le public pouvait faire des paris.
Ici, à Lutèce, l’arène n’offrait pas la possibilité d’organiser ce genre d’événement.
b) Les combats de gladiateurs
A l’origine, les gladiateurs sont des esclaves. Mais ils seront de plus en plus adulés par le public et la «profession » attirera de plus en plus d’aventuriers ou de soldats. Les gladiateurs sont originaires de la région italienne Campanie et formés dans des écoles. Leur renommée se faisant de plus en plus grande, ils seront pris en charge par de véritables « impressarios » et se produiront en échange de cachets très intéressants. Ainsi, les combats sont coûteux et seront remplacés par les chasses.
Les gladiateurs combattent en couples (jusqu’à 300) et ont différentes tenues :
_ le Mirmillon : une épée courte avec un bouclier rond, casque jambières et brassard
_ le Retiaire : un filet et un trident, un casque et un protège épaule
c ) Les chasses ou venates
Ce sont des combats d’hommes contre des animaux. Dans la Rome antique, les hommes se battaient contre des fauves. Ici, à Lutèce, il est peu probable qu’on ait combattu des fauves, plutôt des animaux sauvages comme sangliers ou cerfs. Les hommes combattaient à mains nues.
III – Qui organisait les jeux et pourquoi
Les jeux du cirques étaient organisés par un magistrat en charge des affaires municipales de la cité. Le trésor lui allouait une somme, mais souvent payait une partie lui-même. Aussi, des aristocrates désireux de se faire connaître du grand public les organisaient, ou encore pour leur famille. Dans ce cas, les premiers gradins étaient réservés à la famille et le reste pour le peuple.
Les jeux étaient organisés pour célébrer les dieux. Au fil du temps, les dieux seront toujours fêtés mais les spectacles organisés prendront de plus en plus un aspect politique. En effet, dans la cité romaine, ou gallo romaine, les citoyens ne travaillent pas, ce sont les esclaves. Ainsi, ils partagent leur temps entre les bains, le forum et les jeux. Le peuple réclame « du pain et des jeux ».
Conclusion
Les jeux du cirque sont une distraction plus que ludique, ils sont politiques. Le magistrat ou l’empereur décide de l’issue des jeux. Il demande l’avis au public ou fait selon lui. Les jeux sont l’occasion de « discussion », d’échange entre le publique et les dirigeants de la cité. Ils ont aussi été très favorables à la diffusion de la culture et la tradition romaine à travers l’empire et les siècles.
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