Paris roman:St Germain des prés et son quartier
HISTORIQUE DE L'ABBAYE DE SAINT-GERMAIN-DES-PRES
• contexte historique : Paris au VI°
Clovis élit Paris siège du royaume en 508, ce qui lui donne une place toute particulière et ne fera pas de partage dynastique.
Childebert Ier devient roi de Paris ceci pendant 47 ans (511-558). Ses frères ne se partageront pas la ville. Pour prouver son intérêt particulier on multiplie les édifices religieux. On compte la basilique des Saints Apôtres érigée par Sainte Geneviève, ainsi que la 1ère cathédrale : l'église Saint Etienne. C'était un édifice immense de 36 m de large avec 5 nefs d'une décoration splendide près de laquelle on trouvait un baptistère et une autre église dédiée à Notre Dame. La ville de Paris s'étend en effet sur la rive gauche près des édifices romains. Ainsi on compte déjà six fondations religieuse la plupart rive gauche. C'est là que choisit Childebert de fonder l'Eglise de la Sainte-Croix Saint Vincent lieu de sépulture des Mérovingiens.
• fondation de Sainte-Croix Saint-Vincent
la légende veut que Childebert Ier et son frère Clotaire partis combattre les Visigoths en Espagne faisant un siège à Saragosse auraient vu les habitants prier pour leur salut recouverts de silices et portaient en procession la tunique de Saint Vincent de Saragosse, un diacre martyrisé à Saragosse en 304. Pris de pitié ou bien très intéressés par leur reliques Childebert décide d'accorder la paix en si l'arianisme était banni ainsi que s'ils récupéraient la tunique et la Saint Croix. De retour à Paris en 542 l'évêque Saint Germain conseille à Childebert d'édifier une basilique en l'honneur de ces précieuses reliques. Les reliques sont un moyen de ramener du monde.
Elle est construite sur un ancien temple d'Isis, elle est aussi à l'abri des inondations car légèrement surmontée, le long du decumanus.
Childebert s'y fait inhumer en 558, devenant ainsi nécropole mérovingienne où furent enterré aussi Chilpéric et Clotaire II. Saint Germain lui-même sera inhumé à Sainte-Croix Saint-Vincent. Le nom de Saint Germain devient alors plus populaire que les reliques de la basilique jusqu'à le supplanter en 754.
Mais Saint germain avait été aussi un grand religieux qui organisa la vie de l'abbaye et lui donna une certaine indépendance, il dirigea St Symphorien et devint évêque de Paris en 555 très charitable avec les pauvres. En fait un nombre croissant de pèlerin affluaient sur sa tombe réputée favorisant les miracles.
La basilique fut rapidement investie par une communauté religieuse les premiers moines appelés par Saint Germain venant de Saint Symphorien d'Autun et devint abbatiale. Elle adopta la règle bénédictine dès le XVIII°.
Ils avaient déjà un grand rôle intellectuel, par le scriptorium où les moines copiaient, illustraient. Leur bibliothèque était déjà bien importante. Pour son caractère reliquaire, un nécropole mérovingienne et un abbaye Saint Germain bénéficia de nombreux privilèges de la part de la royauté ainsi que des dons importants de la part des pèlerins.
Ainsi l'abbaye put s'agrandir et s'embellir.
on a une description écrite de l'abbaye du VII VIII : c'était un magnifique bâtiment fait colonnes en marbre précieux, des murailles peintes à fond d'or, des pièces de mosaïques. et le toit est alors couvert de bronze doré qui brillait au soleil. Ce qui lui valut le surnom de Saint Germain le doré.
Elle était alors composée d'un autel dédié à Saint Vincent et la Saint Croix, des chapelles pour Saint Julien, Saint Gervais et Protais et un oratoire dédié à Saint Symphorien où reposait la dépouille de Saint Germain. Transférée en 756 dans la chapelle du Nord Est, près d'un puits qui a disparu au XVIII. Mais l'abbaye ne sera pas épargnée par les pirates normands qui vont attaquer Paris dès le IX°
Au IX° on compte déjà St Merri, St Gervais, St Germain, St Séverin, St Julien, Ste Geneviève.
• les invasions barbares
Il faut tout d'abord revenir sur le contexte historique : les rois mérovingiens se déplacent souvent et ne reste guère longtemps à Paris, puis Charlemagne déplace le siège du Royaume au nord est en Austrasie. Paris se trouve alors excentrée, abandonnée et sans défense (la muraille du III ° n'est plus opérationnelle. Paris ne pourra pas résister aux attaques venus du Nord Ouest par la Seine. Ainsi par trois fois les normands vont piller et brûler la ville, en 845, 856 et 861. Et ne 885-886 les Normands assiègent Paris un très long siège qui échouera cependant grâce à l'évêque Gozlin, neveu de Charles le Chauve. Il fait relever les remparts, construire des tours au bout des ponts avec l'aide du comte de Paris Eudes.
Ces invasions auront plusieurs conséquences
- le rôle essentiel de l'évêque et du comte
- l'impuissance des empereurs
- un destruction des toute la rive gauche qui entraîne un repliement de la ville sur l'Ile de la cité. L'extension se fera ensuite sur la rive droite.
L'abbaye fut rasée, mais dès 990 l'abbé de Saint Germain, l'abbé Morard reprit des travaux de construction, et une remise en état de l'abbaye.
• l'abbaye romane
L'abbé Morard relance les travaux selon les fondations de l'église mérovingienne, en commençant par le chevet, puis la chapelle St Symphorien, le porche, la nef, ainsi que de deux tours flanquée aux angles du transept. On comptait donc 5 clochers. La nef est en effet couverte d'une charpente, mais il y a un esprit novateur que sont les colonnes engagées qui proviendraient de l'ancienne église mérovingienne. Les chapiteaux sont décorés dans les collatéraux.
• l'abbaye gothique
A partir de 1116 Hugues III abbé de Saint Germain décide de réaménager les l'édifice. Il s'attaque à son chœur, en suivant le modèle de Saint Denis par Suger. auquel il ajoute des arcs boutant. L'accès se fait par le Sud. Le portail est alors décoré de statues colonnes, c'est le portail royal, en 1170.
Encore de nouveaux réaménagements au XIII° l'architecte Pierre de Montreuil reconstruit le cloître, les dortoirs, la bibliothèque salle du chapitre et le réfectoire. Et enfin le chapelle de la Vierge.
L'abbaye fait ensuite partie de la nouvelle enceinte celle de Charles V, mais conserve toujours une forte indépendance
• le bourg de Saint Germain
une population d'environ 600 habitants avait formé un petit bourg. Ils se rendaient l'église paroissiale Saint Pierre avant que ne soit construite Saint Sulpice.
Une foire avait lieu au XII°, jusqu'à ce que Philippe Auguste décide de la transférer aux Halles en 1285.
Une deuxième foire fut créée en 1482 avec l'autorisation de Louis XI, véritable source de revenu tant pour l'abbaye que pour le bourg.
• L'abbaye au XVI°
L'abbaye subit une première réforme par la congrégation de Chezal-Benoît en 1514.
Par ailleurs le roi nomme lui-même des abbés des abbés commendataires qui ne vont pas loger dans le monastère mais au Palais abbatial, le premier est édifié par le Cardinal de Bourbon puis agrandi par Furstemberg en 1586 -1699 d'une ordonnance à bossage et frontons et un parement de brique et de pierre.
• l'abbaye au XVII°
L'abbaye est réformée une seconde fois par la congrégation bénédictine de Saint-Maur. on appelle leurs penseurs les mauristes. Le monastère devient alors un centre intellectuel intense grâce à ses grands érudits : Dom Grégoire Tarisse, Dom Bernard de Montfaucon, et Dom Mabillon.
A cette époque l'église est encore remaniée.
Malheureusement l'abbaye ne survivra pas à la Révolution : la prison de l'abbaye qui était déjà une prison d'état sera assiégée en 1789, puis en 1790 les moines sont expulsés, 21 moines mauristes ont été exécutés. L'abbaye devint un dépôt de salpêtre et enfin la bibliothèque brûla en 1794 dont on ne sauva qu'une toute petite partie (à la bibliothèque nationale).
La chapelle de la Vierge fut détruite lors des percements de 1800.
Il ne reste plus qu l'église et le palais abbatial peut-être grâce à la sauvegarde de Victor Hugo, elle a été restaurée au XIX° par Baltard et Godde.