Les Invalides, la tombe de Turenne

Publié le par Remigin07

 

TURENNE

 

Sans doute le plus grand homme de guerre avec Napoléon. Taciturne et souvent bourru Turenne cachait mal sous une apparence de froideur une chaude humanité qui le faisait adorer de ses hommes. Stoïque dans les revers comme réservé dans les victoires, ambitieux uniquement de la gloire, généreux au point de payer ses soldats en puisant dans sa propre fortune, il était désintéressé au point de refuser l’épée de connétable qui lui était offerte sous condition qu’il se convertit au catholicisme, pour s’y convertir quelques années plus tard par conviction et sans nul avantage. Son génie sur le champ de bataille est celui de la stratégie. Comme pour Bonaparte, la bataille est souvent gagnée par lui avant même d’être engagée grâce à l’envergure et à la précision de la manœuvre préalable.

 

Né à Sedan en 1611, Henri de La Tour d’Auvergne, vicomte de Turenne est le fils cadet du duc Henri de Bouillon et petit-fils de Guillaume le Taciturne par sa mère, Elisabeth de Nassau.

Elevé dans un calvinisme austère et ardent, son père, le jugeant trop fragile de constitution, ne le destine pas à la carrière des armes. Mais sur son insistance, il fait son apprentissage militaire en servant en Hollande de 1625 à 1629 auprès de ses oncles Maurice et Henri de Nassau.

 

En 1630, il passe au service de Louis XIII et de Richelieu. En 1643 Mazarin lui donne son bâton de maréchal de France, il n’a que 32 ans.

 

Bien qu’il l’ait nommé maréchal, Mazarin conçoit quelque méfiance à son égard et l’envoie en Allemagne réorganiser des armées en piteux état. C’est une manière de disgrâce ; au moment de marcher au combat, Turenne est supplanté par Condé qui vient prendre le commandement avec de nouvelles troupes.

 

Après un bain de sang inutile, on doit se rallier aux idées de Turenne.

 

Lors de la Fronde, il s’oppose à Mazarin, prend le parti des princes. Il prend alors le commandement des forces de la Fronde grossies de troupes espagnoles, mais est battu à Rethel en 1650. Il a très certainement pris cette décision sous l’influence de son frère le duc de Bouillon et de la duchesse de Longueville dont il a été longtemps amoureux.

 

Il repasse dans le camp des Français et se réconcilie avec la Cour en 1651 suite au départ de Mazarin. Son crédit est alors immense à la Cour, la reine lui écrit même : « Vous venez une seconde fois de mettre la couronne sur la tête de mon fils ». Malgré tous ces honneurs il n’a aucune ambition politique et reste particulièrement fidèle au roi. Bien qu’il ne le fasse jamais entrer au Conseil, Louis XIV sut toujours prendre l’avis de Turenne, le consultant sur les affaires les plus secrètes, n’attachant aucune importance aux attaques dont il était l’objet, lui laissant toujours carte blanche pour diriger campagnes et batailles.

 

Elevé à la dignité exceptionnelle de maréchal général des camps et armées du roi en 1660,

Il se convertit au catholicisme en 1668 certainement sur les conseils de Bossuet.

 

Contrairement à tous les usages militaires du temps, il n’hésite pas à attaquer en plein hiver et bat les Impériaux à Turckheim le 5 janvier 1675 et les force à repasser le Rhin.

 

Quand il revient à la cour, c’est une marche triomphale : la foule se presse pour voir le libérateur du royaume. Toujours modeste, Turenne veut alors se retirer à l’Oratoire, mais en est dissuadé par le roi qui lui donne le commandement de la campagne de 1675, mais il est tué peu après par un boulet de canon, lors de la bataille de Sasbach.

 

Le roi et la France entière le pleurent

 

Il est enseveli à la basilique de Saint-Denis. A la Révolution son tombeau est transporté au musée des Monuments. Puis son corps sera exposé au Muséum. Le 22 septembre 1800 Napoléon premier consul décide le transfert de ses restes aux Invalides.

 

C’est un nouvel usage pour le Dôme. Turenne est choisi car il représente l’image du général intègre, loyal, totalement au service de la Patrie. Ainsi s’établit un lien entre la fondation des Invalides et la fonction de nécropole : les vieux soldats méritants sont accueillis au Invalides, il est normal qu’y soit enterré le plus vaillant des chefs militaires français.

 

Le tombeau est installé dans la chapelle de la Vierge, dont la fenêtre a été bouchée pour installer le monument.

Le monument est dessiné par Lebrun et est sculpté par Jean-Baptiste Tubi, appelé Tuby (tombeau de Mazarin avec Coysevox, Versailles) et Marsy. Il date du XVIIe siècle, ce qui explique qu’il s’intègre parfaitement au Dôme.

 

Il est situé dans la chapelle de la Vierge. Les sculptures mêlent histoire et allégories. De bas en haut, on peut voir le maréchal soutenu par la Foi Chrétienne. Le bas relief représente la bataille de Turckheim (1675) gagnée par Turenne sur un ennemi dont les effectifs étaient supérieurs en nombre, et les deux statues représentent la Science (avec le voile) et la guerre (avec le casque).

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