Les Invalides, la tombe de Vauban
LE TOMBEAU DE VAUBAN
« Vauban s’appelait Le Prestre, petit gentilhomme de Bourgogne tout au plus, mais peut-être le plus honnête et le plus vertueux de ce siècle, et avec la grande réputation du plus savant homme dans l’art des sièges et de la fortification, le plus simple, le plus vrai et le plus modeste… » - Saint Simon.
Né en mai 1633 à Saint-Léger-de-Foucherets dans le Morvan, Sébastien Le Prestre, Marquis de Vauban est le plus connu de tous les ingénieurs militaires français et peut-être le plus connu de tous en Europe et même dans le monde entier tant ses disciples construisirent selon ses méthodes et parfois à partir de ses propres plans, des fortifications bastionnées dites «à la Vauban».
Il commence son apprentissage militaire dans le régiment du prince de Condé en 1651, est fait prisonnier mais remarqué pour sa bravoure et son efficacité sur le terrain, Mazarin l’envoie au service du chevalier de Clerville, commissaire général des fortifications. Il y apprend le métier d’ingénieur militaire et obtient le brevet en 1655 à l’âge de 22 ans.
Nourri de son expérience sur le terrain, Vauban devient rapidement un architecte spécialiste de la poliorcétique (la technique du siège des villes). Il va réfléchir aux procédés de l’attaque des places qui lui semblent trop coûteux en hommes, et privilégier le rôle du canon par rapport à la mine. Il va mettre au point l’emploi du tir à ricochet, méthode qui économise la vie des soldats et des ingénieurs.
Pendant des années, il va sillonner la France dans tous les sens, construire des dizaines de places fortes, de villes fortifiées, mettant au point au fur et à mesure des années des systèmes fortifiés de plus en plus sophistiqués, aussi bien sur les côtes qu’en montagne.
Il rédige de nombreux écrits dans des domaines aussi divers que le sciences, l’économie, l’agriculture (la cochonnerie ou calcul estimatif pour connaître jusqu’où peut aller la production d’un truie pendant dix années de temps) et la stratégie, écrits réunis en 12 volumes sous le titre « Mes oisivetés ou Pensées d’un homme qui n’avait pas grand-chose à faire ».
Peu de temps avant sa mort, il publie un ouvrage qui remet en cause les Privilèges de l’aristocratie et du clergé dans « La Dîme royale ». Le roi condamne le livre, Vauban meurt de chagrin quelques semaines plus tard, le 30 mars 1707, à 73 ans, après 53 années passés au service du Roi. Il est enterré dans l’église de la petite ville de Bazoches en Bourgogne, mais en 1807 Napoléon décide que Vauban, maréchal de France doit reposer face à Turenne dans la chapelle Sainte Thérèse. Seul le cœur de Vauban, qui était conservé dans une urne au ministère de la guerre est conservé dans ce monument.
Le monument mortuaire n’est pas celui réalisé en 1807 par Guillaume Trepsat (il fut blessé dans l’attentat de 1800) mais celui qui sera réalisé en 1847 par Antoine Etex. Son dessin général s’harmonise avec la tombe de Turenne. La sculpture insiste sur le projet de « dîme royale ». Le maréchal médite sur ses œuvres, tenant un compas dans ses mains (rappel de son activité d’ingénieur) encadré par la Sagesse et la Bravoure.
Saint Simon: « Le roi ne vit plus en lui qu’un insensé pour l’amour du public, et qu’un criminel qui attentait à l’autorité de ses ministres, par conséquent à la sienne. Le malheureux maréchal, porté dans tous les cœurs français, ne put survivre aux bonnes grâces de son maître pour qui il avait tout fait. Il mourut peu de temps après, ne voyant plus personne, consumé de douleurs, et d’une affliction que rien ne put adoucir, et à laquelle le roi fut insensible jusqu’à ne pas faire semblant qu’il eût perdu un serviteur fidèle »
Pour terminer, cette année est le tricentenaire de la mort de Vauban et une proposition pour le classement de 13 fortifications de Vauban au patrimoine mondial de l’humanité est en cours.
Liste des fortifications : Arras, Longwy, Neuf-Brisach, Besançon, Briançon, Mont-Dauphin, Villefranche-de-Conflans, Montlouis, Blaye, Saint-Martin-de-Ré, Camaret, Belle-Ile, Tatihou - Saint-Vaast-la-Hougue
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