Paris Gds bds,les Grands magasins

Publié le par Remigin07

LES GRANDS MAGASINS 

 

Au XIXe siècle, alors que l'abolition des corporations décloisonne la distribution, des magasins de nouveautés vont pour la première fois rassembler sous la même enseigne tout le nécessaire à la toilette féminine : draperie, soierie, mercerie, bonneterie, dentelles, fleurs… et, premiers articles confectionnés, les châles indispensables aux élégantes. Grâce à la révolution industrielle, la production en série et la baisse du prix des tissus permettent de diffuser plus largement la mode. Des pratiques innovantes transforment le commerce de détail : l'affichage des prix met fin au marchandage, l'entrée devient libre. Une nouvelle relation s'installe entre le commerçant et le client. Tout est fait pour inciter ce dernier à entrer et le séduire, les prix sont attractifs, la stratégie étant de vendre « à petit bénéfice » mais sur de gros volumes. Pour accélérer la rotation du stock, des pionniers1 vont inventer les soldes, les livraisons, la vente par correspondance, autoriser les rendus, utiliser la publicité. Avec l'expansion du chemin de fer, les marchandises circulent mieux, la province se rapproche de la capitale et en adopte les modes. 
     
Les premières vitrines s'ouvrent largement, des commerçants créent à dessein un encombrement à l'entrée de leur magasin pour attirer la foule. En 1852, Aristide Boucicaut s'associe à l'exploitant d'un modeste magasin à l'enseigne du Bon Marché. Le chiffre d'affaires passe de 450 000 à 20 millions de francs en 12 ans seulement et le Bon Marché devient le premier grand magasin. Lors des travaux d'agrandissement en 1869, architectes et ingénieurs (dont Gustave Eiffel) utilisent le verre et le fer et construisent coupoles et verrières qui laissent pénétrer la lumière du jour dans les halls, vastes espaces de vente. Le grand escalier, élément indispensable du grand magasin, théâtralise ces nouveaux lieux de vente, de parade et de promenade. 
     
Malgré les critiques virulentes des défenseurs du petit commerce et de ceux qui y voient un lieu de perdition, le grand magasin poursuit son ascension, porté par les fastes du Second Empire, et s'inscrit dans les transformations de l'espace urbain parisien orchestrées par le Préfet Haussmann. En 1855, année de l'Exposition Universelle, les Grands Magasins du Louvre ouvrent leurs portes, suivis par La Samaritaine en 1865, Le Printemps en 1869. En 1893 ouvrent les Galeries Lafayette. L'un de ses fondateurs y fera entrer la mode en reproduisant à des prix accessibles, avec ses propres ateliers et ses modélistes, les toilettes des élégantes aperçues aux courses ou à l'Opéra.
     
Le Printemps avec Prisunic, les Galeries Lafayette avec Monoprix… les grands magasins introduisent en France, au moment de la crise des années 1930, le concept de vente à prix unique. Comprenant l'enjeu de la révolution du prêt-à-porter, dans les années 1960, ils accueillent les premiers de jeunes stylistes et créateurs (Sonia Rykiel, Daniel Hechter, Cacharel, Mary Quant, Pierre Cardin…). Lorsqu'ils s'éloignent de leur vocation d'origine et de la stratégie d'expansion et d'innovation qui a fait leur succès, les grands magasins entrent en crise, comme dans les années 1980. Depuis, grâce à nombre d'initiatives - rénovation du Bon Marché, création du Printemps du Luxe et de la Beauté et récemment du Lafayette Maison… -, ils sont redevenus attractifs
Publicité

Publié dans Paris Haussmannien

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article