Paris gds bds-Nelle Athènes, la chaussée d'Antin
Rue de la Chaussée d’Antin
Pourquoi «chaussée d’Antin» ?
Elle doit son nom à Louis de Pardaillan de Gondrin, duc d’Antin et fils de madame Montespan. Il était directeur géneral des Bâtiments, Parcs et Jardins de la Couronne et propriétaire de l’hôtel d’Antin à l’époque de Louis XIV et puis Louis XV.
Il faut savoir qu’il y avait, à l’époque (au Moyen Age), entre le quartier de la Grange-Batelière (rue de la Grange-Batelière vers la mairie du 9e arrondissement) et le quartier de la Ville-l’Evéque (rue de la Ville-l’Evéque où il y a l’Archevêché de Paris, un peu plus loin que l’Eglise de la Madeleine) une zone marécageuse.
Cette rue-là n’était qu’un simple chemin, qu’une voie surélevée pour pouvoir franchir le terrain marécageux. Elle menait de la porte Gaillon (angle rue Michodière et boulevard es Capucins) au village des Porcherons (qui se trouvait à peu près vers l’emplacement de la rue Saint-Lazare) et elle s’appelait «le chemin des Porcherons», «la chaussée dans le marais» ou «le chemin du marais».
Il y avait sur ce terrain vague des maisons basses dans lesquelles les gens buvaient, parlaient fort…c’était un lieu de débauches, de plaisirs et des duels. Les gentilshommes venaient à cheval, les courtisanes en carrosses.
Au fil des siècles quelques grands seigneurs et des riches financiers commençaient à faire construire le long de chemin des magnifiques hôtels. Les façades eétaient humbles mais l'intérieur splendide. La rue prenait une activité élegante et une agitation plus somptueuse.
Dès le Môyen-Âge, la rue a gardé son aspect d'un endroit très vivant la nuit et tranquille la journée. Les hommes de la bourgoisie ont loué les hôtels particuliers pour s'y retrouver avec leurs maîtresses. Ceux qui ne pouvaient pas se permettre de payer un hôtel particulier passaient la nuit dans des cabarets avec des filles.
Cette rue a été ouverte en 1713 et après la mort de Louis XIV beaucoup de membres de la cour, s’installaient dans le quartier de la Chaussée d’Antin pour fuir l’étouffant centre de la capitale.
Louis XV a ordonné, en 1720, d’aménager ce quartier. C’est justement l’origine du quartier de la Chaussée d’Antin qui attirera les aristocrates, les nouveaux riches, les financiers et les femmes du démi-monde qui étaient souvent des maîtresses.
Cet endroit deviendra le centre de l’élégance parisienne à partir des années 1770 jus qu’aux 1850. Pendant la période de la Restauration la Chaussée d’Antin rivalisait avec le «noble faubourg Saint – Germain». A partir du moment qu’on a commencé à construire des immeubles commerciaux et haussmanniennes cet endroit a connu un déclin boutiques, commerçants, courtiers, agents de change ont envahi la rue).
Au fil des siècles (jusqu’au 18e siècle) on a régulièrement changé son nom:
· le chemin des Porcherons
· rue de la porte Gaillon
· chemin de l’Egout de Gaillon (à cause du Grand Egout avec le pont d’Arcans, sur lequel il y avait souvent des duels entre les hommes quand ils voulaient régler leurs affaires concernant les maîtresses; actuelle rue de Provence)
· rue de la Grande Pinte (le nom d’un célèbre cabaret des Porcherons)
· rue de l’Hôtel Dieu (elle conduisait à une ferme qui de l’hôpital de ce nom)
· rue Mirabeau (à cause de son révolutionnaire)
· rue du Mont - Blanc
· rue de la Chaussée d’Antin.
Le parcours:
n° 1: hôtel de Montmorency qui devait apporter la consécration à Ledoux
n° 2-4: bâtiment assez vaste et sombre réalisé par Nicolas - Antoine Vestier,
architecte de la rue des Colonnes, pour le banquier belge Hyacinthe
Julien De Pestre
C’est un rare exemple de reconstruction qui date de la période
révolutionnaire; les vantaux des portails sont sculptés de têtes de
gorgones. Gioacchino Rossini logeait ici de 1857 jusqu’à sa mort en 1868.
Tous les samedis il y donnait un concert accompagné d’un dîner
somptueux.
n° 5: hôtel où s’établit Elisabeth – Pétronille d’Epinay (bienfaitrice de J.J.
Rousseau) et puis Frédéric Chopin (aussi n° 38, demeure n’existe plus)
n° 6-8: Ces 2 maison datent du Consulat.
n° 7: c’était l’hôtel du ministre et banquier Necker dont l’épouse tenait l’un de
plus importants salons de l’époque. Mme Staël passa son enfance.
Au 1798 l’hôtel passa au banquier Jules Recamier. Ici a eu lieu la
première rencontre de Mme Recamier et Chateaubriand. Mme Recamier a
fait entièrement la décoration de l'hôtel. Elle charge l'architecte Louis
-Marthin Berthault et l'ébeniste Jacob (annonce les prémices du style
Empire).
n° 8-10: une ruelle conduisait au cimetière de la Chaussée d’Antin; supprimée
en 1782
n° 9: le «Temple de Terpsichore» érigé par Ledoux, demeure offerte à Mlle
Guimard par son amant, maréchal de Soubise. Elle donnait des
représentations dans un théâtre de 500 places à l’intérieur de l’hôtel.
Ruinée par les plaisirs, la Guimard dut mettre son hôtel en loterie en 1785.
n° 10: bâtiment attribué à l’entrepreneur Perrier et fût bâti, en 1790, pour
l’avocat au Parlement Jean – Louis Giraud
n° 18-22: immeubles construits par l’architecte François - Nicolas Trou, dit
Henry, en 1790; reposent sur 11 arcades portées par des colonnes
doriques sans chapiteaux
n° 20: Un passage mène à une cour où l’on aperçoit le double perron et le
péristyle de l’hôtel de Jean – Baptiste Lakanal du Puget, frère
monarchiste du savant constitutionnel.
En 1977 on a découvert dans les canalisations les 21 têtes des rois de
Juda provenant de la galerie des Rois de Notre-Dame
n° 42: appartenait à l’actrice Julie Carreau qui s’est mariée avec Talma en 1971
n° 44: immeuble reconstruit en 1826 sur la maison où est mort Mirabeau en
1791
n° 60: un pavillon avait été construit pour le président du Parlement, Hocquard
de Montfermeil, en 1765. L’oncle de Napoléon Ier, le cardinal Fesch
(l'archêvèque de Lyon collectionnait un grand nombre d'oeuvres d'art),
l’achète en 1800.