Paris gds bds, la trinité d'Estienne d'Orves
L’EGLISE DE LA TRINITE
Edifiée par l’architecte Théodore Ballu de 1861 à 1867, également architecte de Sainte Clotilde
L’église de la Trinité a été édifiée à la même époque et dans le même esprit que celle de Saint Augustin, les deux paroisses ayant toutes deux été créées en septembre 1851.
L’église, conçue comme le centre d’un ensemble urbain, est étroitement liée au quartier bourgeois de la Chaussée d’Antin qui l’environne, alors en pleine mutation haussmannienne.
(Le petit square, dessiné par Alphand, et les rampes qui montent latéralement composent un élégant décor complété par les deux immeubles encadrant le monument, eux-mêmes dessinés par Ballu.)
La façade, d’une grande richesse décorative avec ses niches, ses frontons et ses pilastres, s’inspire de la Renaissance italienne et du style gothique. Elle est surmontée d’un clocher de 65 mètres de hauteur en forme de beffroi.
La symbolique du chiffre TROIS - celui de la Trinité - conditionne le décor de la partie basse : le porche à trois arcades est précédé de trois fontaines à triples vasques ornées des statues des vertus théologales, la Foi, la Charité et l’Espérance.
Les quatre vertus cardinales - la Prudence, la Justice, la Force et la Tempérance - sont représentées en haut de la façade tandis que les quatre statues en pierre au pied du campanile, représentent les évangélistes.
Ballu recourt à la fonte et au fer dans sa construction.
Cela lui permet de minimiser le nombre de piliers et de dessiner une voûte de large portée engendrant des dimensions intérieures impressionnantes : 90 mètres de longueur pour 34 mètres de largeur et 30 mètres de hauteur.
L’édifice, inscrit dans un plan rectangulaire, se compose d’une vaste nef sans transept bordée de collatéraux étroits donnant accès aux chapelles latérales.
L’ensemble, rythmé par une alternance de piliers et de colonnes, ouvre sur un choeur surélevé flanqué de tribunes encadrant le maître-autel créé par Poussielgue. A l’arrière du sanctuaire, la chapelle dédiée à la Vierge clôt le volume par un mur à pans coupés.
Le décor intérieur joue sur la gradation des intensités de couleurs et l’éclat des dorures pour accompagner les effets de l’architecture.
Les peintures des arcs de la nef (sujets figurés sur un fond d’or), commandées à Félix Barrias et Félix Jobbé-Duval, offrent une parfaite unité de style.
Le décor des chapelles latérales exécuté une dizaine d’années plus tard par des artistes de renom (Delaunay, Lecomte de Nouy...) est en revanche plus hétérogène.
Différentes tendances de la sculpture du Second Empire peuvent être observées : au style sévère qui domine la majorité des figures d’Apôtres présentes sur les piliers de la nef répond l’art souple et raffiné des Anges de Gumery (revers du mur d’entrée, au dessus des bénitiers) et de la Vierge à l’enfant de Paul Dubois (chapelle de la Vierge).