Saint Denis basilique, histoire de la construction
DE LA BASILIQUE DU Vème siècle à l’EGLISE DE L’ABBÉ SUGER
La construction de la basilique s’organise au cours des siècles autour de la tombe de saint Denis.
Une première église s’élève sur l’emplacement d’un cimetière gallo-romain (1er – 2ème siècles), lieu de sépulture du premier évêque de Paris, martyrisé vers 250. C’est à sainte Geneviève que l’on va attribuer la construction de ce premier sanctuaire en 475 dont il ne subsiste aujourd’hui que quelques murs de fondations.
Dès le Vème siècle, Saint-Denis est un lieu de pèlerinage, si bien que de nombreux aristocrates Francs la choisissent comme lieu de sépulture auprès des reliques du saint. C’est dans le sous-sol que se développe leur nécropole.
En 630, Dagobert devient le bienfaiteur de l’église dont il fait une abbaye royale et y installe une communauté bénédictine qui prend en charge les pèlerins. Il est le premier souverain à s’y faire enterrer (en 639).
En 741, les funérailles de Charles Martel inaugurent une nouvelle série d’inhumations royales. En 754, Pépin le Bref s’y fait sacré roi par le peuple avec ses fils. A cette occasion, il décide la reconstruction de l’édifice à la manière des édifices romain de type basilique.
Entre 769 et 775, Fulrad (abbé de Saint-Denis) reconstruit l’église abbatiale. Elle compte alors une nef à 3 vaisseaux, 9 travées et une abside surélevée (en raison de la présence d’une crypte). En 775 a lieu la consécration en présence de Charlemagne de la nouvelle basilique carolingienne et de sa crypte à la romaine.
Au fil du temps, les liens de l’abbaye avec le pouvoir royal s’amplifient et à partir d’Hugues Capet, tous les souverains seront inhumés à Saint-Denis (sauf 5 d’entre eux : Philippe 1er → abbaye de Fleury à Saint-Benoît-sur-Loire* ; Louis VII → abbaye de Barbeaux, Seine-et-Marne, qu’il avait fondé ; Louis XI → Notre-Dame-de-Cléry ; Charles X → couvent de la Castagnavizza près de Trieste et Louis-Philippe → chapelle Saint-Louis à Dreux).
* pensait qu’il avait commis trop de fautes, de pêchés dans sa vie, pour être digne d’être enterré auprès de ses ancêtres.
En 1122, Suger* est abbé de Saint-Denis. Ce conseiller de Louis VI puis de Louis VII va se consacrer dès 1135, à la reconstruction de l’édifice carolingien. Il conçoit une nouvelle crypte et entoure le chœur d’un déambulatoire, puis élève de 1140 à 1144, un nouveau chevet lumineux. Celui-ci est plus adapté à la présentation des reliques des saints, vénérés par des pèlerins de plus en plus nombreux. En effet, l’exiguïté de la crypte carolingienne où se trouvaient les reliques entraînaient de graves difficultés lors des pèlerinages. De plus, son originalité est due à l’utilisation de nombreuses colonnes monolithes, supportant une des premières voûtes sur croisée d’ogives. La façade est dotée de la première rose et de trois portails de grandes dimensions.
* de famille modeste, il entre à l’âge de 10 ans à l’abbaye. A partir de 18 ans, on lui confie de missions diplomatiques de grande importance.
Par sa vision nouvelle de l’architecture, il est à l’origine de la naissance en Ile-de-France de ce que l’on appellera plus tard, l’art gothique.
Dès 1231, Saint-Louis participe financièrement à la rénovation de l’église. La façade et le déambulatoire sont conservés, mais le chœur est démonté. Les colonnes sont remplacées par des piliers plus solides pour soutenir une plus grande élévation. Un transept plus large est élaboré pour répondre aux besoins de la nécropole royale. L’église sera consacrée en 1281. Après cette date, il n’y eu plus de travaux d’envergure à l’exception de ‘ajout des chapelles latérales au 14ème siècle.
La basilique de Saint-Denis compte aujourd’hui 42 rois, 32 reines, 63 princes et princesses et 10 grands du royaume.