Le Marais(nord) Hôtel de Marle
Hôtel de Marle
Son entrée se situe rue Payenne, et le jardin donne sur la rue Elzévir.
Historique
Cet hôtel est construit en 1560, puis acquis et transformé à partir de 1572 pour Hector de Marle, conseiller au Parlement de Paris, qui lui donne son nom.
Au XVIIe siècle, des réaménagements dissimulent pour quelques siècles le remarquable toit inspiré de Philibert de l’Orme (dit en carène de navire inversé) par un toit au combe brisé à la Mansart. On peut à nouveau voir le toit côté jardin.
Comme dans de nombreux autres hôtels du Marais, des activités commerciales et industrielles au XIXe siècle menacent son intégrité – atelier de tapissier, fabrique d’enveloppes, laboratoire.
Il est acheté en 1965 par le gouvernement suédois, qui le restaure pour y installer son centre culturel en 1972.
Rappel : le roi Carl XVI Gustaf, descendant de Jean-Baptiste Bernadotte, né à Pau comme Henri IV, maréchal de Napoléon, désigné par le roi de Suède Charles XIII comme son successeur, époux de Désirée Clary, fiancée à Napoléon, et dont la sœur Julie a épousé le frère aîné de Napoléon, Joseph. Pour devenir roi, Bernadotte devra se convertir au protestantisme, à l’opposé de son compatriote H IV.
Personnages
Sous le règne de Louis XVI, l’hôtel de Marle est habité par la favorite de la reine Marie-Antoinette, Yolande de Polignac, gouvernante des enfants de France, amie et confidente de la reine. Partie en exil après la prise de la Bastille, elle mourra à Vienne de chagrin et de douleur, quelques mois après la décapitation de la reine.
La peintre Léonor Fini (1908 – 1996), peintre liée aux surréalistes, d’inspiration symboliste, ainsi que l’écrivain et poète André Pieyre de Mandiargues furent locataires.
A la suite des travaux furent découverts sous des enduits de plâtre, de remarquables plafonds peint à la française, des traces de fresques et un comble demi-circulaire avec contre-courbe au faîtage, dit « à la Philibert Delorme » La charpente formée d’éléments en demi-cercle assemblés par des clavettes de bois représente un des plus précieux exemples de charpente légère du milieu du XVIe siècle, et sans doute unique à paris. L’hôtel possède également un très bel escalier à rampe.
Hotel de Vigny
Construit pour Jacques Bordier (mort en 1660), intendant des Finances, Président de la Chambre des Comptes, par Le Vau. De magnifiques plafonds au 1e étage sont réalisés par Nicolas Loyr, élève de Simon Vouet, influencé par Nicolas Poussin qu’il rencontre en Italie. Il décore les plafonds de l’appartement du roi aux Tuileries, puis les appartements de la reine à Versailles.
Plusieurs propriétaires se succèdent jusqu’en 1764 où il est acquis par la veuve de Jacques Olivier de Vigny, dont la famille restera propriétaire jusqu’à la révolution.
Il est acheté par l’état en 1960. En décembre 1960, une équipe de bénévoles dégage au rez-de-chaussée le plafond à solives peintes. Deux escaliers sont remarquables : l’escalier d’honneur et sa rampe en fer forgé, et la rampe de l’escalier de service.
Au 1e étage, la voussure de la corniche porte une décoration de stucs. Dans les écoinçons, des personnages à mi-corps rivalisent de souplesse avec de gentils amours et portent des guirlandes. Au centre, tableau de Loyr : allégories des saisons.
Hôtel de Saint-Aignan – Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme.
Historique
L’hôtel est bâti de 1644 à 1650 pour le comte d’Avaux par l’architecte Pierre le Muet (1591 – 1669). (Architecte de l’église Notre Dame des Victoires, du château de Tanlay en Bourgogne, d’hôtels particuliers à Dijon dont il est originaire, il publie en 1665 un manuel d’architecture classique « la manière de bien bâtir pour toutes sortes de personnes) Le Muet adopte le plan usuel des grands hôtels aristocratiques, corps de logis principal en retrait de la rue, au fond d’une grande cour légèrement rectangulaire, aile unique en retour à droite (cuisine, salle du commun et salle à manger au res-de-chaussée, grande galerie à l’étage, comme à l’hôtel de Sully dans ses dispositions primitives). Un passage conduit à la petite basse-cour, où remises et écuries ont une issue directe sur la rue. A gauche, sur le mur mitoyen qui correspond au mur de Philippe Auguste, il crée une façade en trompe-l’œil, dit mur « renard ». (Comme dans la cour de l’hôtel de Sully) pour une apparente symétrie.
En 1686, Paul de Beauvilliers, duc de Saint-Aignan (gendre de Colbert), rachète l’hôtel et fait aménager la galerie en appartements, et pour les desservir, construit un escalier sur la basse-cour. Il fait redessiner le jardin par André Le Nôtre.
Saisi en 1792, il devient bâtiment municipal, puis local commercial, entraînant surélévations et adjonctions. Vivent Des photos d’Eugène Atget évoquent la vie de cet immeuble occupé par des artisans juifs immigrés de Pologne, Roumanie et Ukraine. Los des grandes rafles de Paris en 1942, plusieurs personnes seront arrêtées et déportés en camps de concentration. Il est racheté par la Ville de Paris en 1962 et classé en 1963. En 1986, à l’initiative de Chirac, alors maire de Paris, le bâtiment est affecté à l’installation d’un musée consacré à la civilisation juive, le musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme.
Les travaux de restauration dureront plus de 25 ans, rendant à l’hôtel son ordonnance primitive et nous présentant une des plus belles expressions de l’atticisme architectural parisien au temps de la régence d’Anne d’Autriche. Les sondages dans la cour feront également apparaître des restes de construction datant du XIIIe jusqu’au début du XIVe.
Description des façades
Ordonnance de pilastres sculptés, dits colossaux, courant sans rupture au niveau des étages de bas en haut de la façade. Les quatre façades sont identiques, produisant un effet de verticalité imposant, conférant une majesté à l’édifice.