Le Marais (nord) Le Marais et ses hôtels particuliers,rue des Francs Bourgeois
Le Marais et ses hôtels particuliers
Le terrain du marais tient son nom de la zone sur laquelle il a été aménagé. Le sol marécageux résultant des différentes périodes de sédimentations, fut asséché par les moines qui y installèrent leur prieuré en édifiant leurs couvents et abbayes en dehors de la ville afin de bénéficier de l’espace encore vierge. Les terrains non exploités étaient lotis pour la vente ou la location à l’époque appelée censive.
Je vais vous présenter certains des hôtels résultants de l’urbanisation de cette zone. Le marais devient très prisé lorsque le roi François 1er décide de s’installer à Paris. (marais est une zone inhabitée.).
Hôtel de SANDREVILLE – 26 RUE DES Francs-Bourgeois
Le terrain dépendait des censives du Temple et de Sainte Opportune, au Nord de l’enceinte Philippe-Auguste.
Depuis le 13ème Siècle, le terrain est la propriété de la famille Barbette dont la rue porte le nom. Le terrain s’étend jusqu’à la rue des filles du calvaire, et sera morcelé au 14ème Siècle.
Au 16ème S., l’hôtel passe aux mains de Diane de Poitiers, maîtresse du roi Henri II. Elle le lègue à ses 2 filles de son vivant et la décision est prise de lotir le terrain, en 1561.
A l’origine, le terrain est occupé par une organisation charitable pour aider les pauvres bourgeois qui n’ont pas assez d’argent pour payer les impôts, et sont par conséquent des bourgeois francs d’impôts, d’où les Francs Bourgeois. L’institution se fait repère d’une bande de gueux qui avait transformé le quartier en un véritable coupe-gorge.
Les maisonnettes des Francs Bourgeois disparurent vers 1545-1550. A cette époque, l’autre moitié du terrain appartient à Jean Bertrand. Homme de noble famille de Toulouse, est le président du parlement de la ville et à Paris, le connétable Anne de Montmorency (un des principaux chefs catholiques avec le duc de Guise, auprès de la reine) lui fait obtenir la charge de président du Parlement de Paris. Le 2 Janvier 1551, grâce à la faveur de Diane de Poitiers, il devient garde des sceaux. Devenu veuf, il embrasse la carrière ecclésiastique : d’abord à la charge de l’évêché de Comminges puis à l’archevêché de Sens, il fut élevé en 1557 à la dignité cardinalice. A la mort d’Henri II, il est disgracié et s’installe à Rome en Italie où il assiste à l’élection du pape Pie IV (Concile de Trente). Il meurt en 1560 et ses biens reviennent à son fils, Guillaume Bertrand, seigneur de Villemor, maître des requêtes ordinaires de l’hôtel. D’opinion catholique modérée, fait parti des politiques, et sera assassiné chez lui le 24 Août 1572 ????, sur ordre du duc de Montpensier. Les héritiers vendirent l’hôtel 2 ans plus tard et divisèrent le terrain en 4 lots d’un 1/2arpent chacun, soit 30m. sur 60. Donc le terrain se réduit.
Entre 1572 et 1580, le terrain est racheté par Claude de Mortier, sieur de Soisy, notaire et secrétaire du roi. Marié, il cède sa charge à son fils Josias en 1590. Il achète les lots voisins et décide de se faire une vaste résidence. En 1586, il est propriétaire d’une parcelle de 102m. de profondeur sur 60 m. de largeur. La résidence bâtit était dit-on plus grande que l’hôtel Carnavalet !!!!! En 1604, il garde pour lui le lot du n°28 et vend le lot du n°26 où il réside à ses 2 beaux-frères, l’un vivant à Bordeaux et l’autre dans la rue des Archives, pour 42 000 livres.
L’hôtel Mortier sera divisé en 2 parties (3/5 à l’Ouest & 2/5 à l’Est) avec un mur de séparation édifié dans la longueur du terrain, jusqu’au fon du jardin. La partie de gauche (3/5) représentait 1 205m² et les propriétaires en sont Marie Mortier & Pierre Le Berche. A la mort de ce dernier, vers 1635, l’hôtel revient à son fils Alphonse, seigneur de Sandreville.
3 ans plus tard, il appartient (à la suite d’un échange) à un autre financier Guillaume Cornuel, important financier de la 1ère moitié du 17ème S., mari de Anne Bigot, femme d’esprit qui tint un salon renommé auprès des humanistes du 17ème Siècle qui en firent le portrait.
La rue attire beaucoup de financiers et prend le surnom de rue des Francs Larrons. Mais Guillaume Cornuel sera malheureux en affaires, l’hôtel est vendu à Marie Poncet (grande famille de la bourgeoisie robine) qui loge rue Saint Antoine. Elle cède l’hôtel à ses 2 frères en 1657 et Pierre Poncet en devient l’unique bénéficiaire après la mort de son frère. Bien qu’ayant servi le roi pendant 39 ans, une ombre plane sur cette belle carrière : lors du procès de Fouquet, il prit parti. Chargé du tri de ses papiers, il fut de ceux qui opinèrent pour la mort du surintendant.
Il lègue l’hôtel à son fils Matthias qui avait contracté des dettes (110 458 livres 11 sols), payables sur les biens de ses parents et récupère les parts de son frère et de sa sœur. L’hôtel voit se dresser l’inventaire de ses biens : tapisseries de Flandres, des Gobelins, le mobilier parisien est prisé à plus de 20 000 livres, un lustre de cristal à 8 branches et l’argenterie représentant 54 % du total de l’inventaire.
Ensuite, l’hôtel passe à la famille Vallier qui deviendra la famille Le Mairat
Disposition des pièces : rdc pour l’homme et l’étage pour la dame, aile gauche sur cour occupée par les écuries et entresol par chambre de domestique, chambre en angle parquetée et lambrissée, un cabinet, une grande salle à manger suivie d’une antichambre, escalier de dégagement pour arriver à l’étage sur une garde robe et un et une grande chambre, une chapelle côté jardin, occupé par des parterres et statues comme Hercule.
L’héritier de la famille, Charles Louis Le Mairat entreprit des travaux comme édifier la façade sur rue telle qu’on la voit aujourd’hui en 1767, surélever tout l’hôtel d’un étage. Mais il meurt en 1773 et une nouvelle estimation est faite à la demande de sa veuve : une cave de Bourgogne (680 bouteilles) et Champagne (120 bouteilles), l’hôtel et son mobilier étaient estimés en 1774 à 200 000 livres.
A la Révolution, l’hôtel est vendu à un négociant pour 70 000 francs.
Ensuite pendant tout le 19ème Siècle, l’hôtel passe de main en main (5 propriétaires en 1 siècle). L’hôtel semble avoir été séparé de la maison rue Barbette au début du 19ème Siècle.
Au 20ème Siècle : de 1843 à 1870, il abrite l’école de fondée par les frères des Ecole Chrétiennes. L’école compte 295 élèves en 1856 et déménage rue Saint Antoine en 1870 dans l’hôtel de Mayenne (Sophie).
La façade est reconstruite en 1767, par Louis Charles Le Mairat. Le rez-de-chaussée en pierre blanche d’Ile de France, a 2 niveaux d’ouvertures : ouvertures petites style 17ème, époque de la construction. L’étage présente des ouvertures plus grandes, du 18ème Siècle. Ajouts d’éléments de décoration : pilastres style dorique, entre les baies, plus longues. La travée centrale est mise en valeur par un espacement plus grand des pilastres de chaque côté des baies. La fenêtre du centre est rehaussée d’un mascaron. Rappel de l’antique avec la frise sous la corniche qui alterne triglyphes et métopes sculptés de guirlande de tissu. Le toit est brisé.
Glossaire
Censive : redevance due au seigneur du fief par les tenanciers du fief. Taxe censive annuelle.
Aussi taxe payée pour être reconnu comme électeur : suffrage censitaire.
Robin : magistrat avec une connotation péjorative.
Hôtel d’ALBRET – 31 rue des Francs Bourgeois
HISTOIRE
La construction de l’hôtel date de 1550. Le terrain sur lequel il fut construit était la propriété du prieuré Sainte Catherine, séparé de celui du Temple par la rue Elzévir. Jusqu’au mur de Philippe Auguste s’étendait un terrain utilisé par les pouliers puis les arbalétriers et enfin mis en lices pour les tournois.
Le terrain est acheté par Antoine Macault qui s’en débarrasse encore vierge, malgré son projet de construction, au profit d’une part de Philibert De Lorme et d’autre part de Pierre Le Gay, trésorier de l’extraordinaire des guerres. La partie qui nous intéresse est celle de Pierre Le Gay qui rachète la part à Philibert Delorme (préfère se faire construire une maison rue de la Cerisaie).
L’hôtel est construit et acheté aux héritiers en 1563 par le connétable Anne de Montmorency. L’édifice comprend une maison, une galerie, un édifice, des étables une court et un jardin. L’hôtel acheté pour ses enfants revient à sa mort en 1567 à son fils Guillaume, sieur de Thoré, le quatrième.
Changement de propriétaire en 1586 : acheté par un banquier italien installé à Lyon et devenu gentilhomme ordinaire de la chambre du roi (Henri III). Le gentilhomme fait faillite et l’hôtel est racheté par Pierre Le Charron.
En 1630, hôtel devient la propriété de Gabriel de Guénégaud du Plessis, trésorier de l’épargne. Il fait construire l’escalier à balustres de bois (1638) (ds gd corps de logis à droite).
Son fils Henri fait des travaux d’aménagement surveillés par François Mansart (1598-1666 / chapelle du Val de Grâce). Une des rares constructions de l’architecte. Mur mitoyen au n°33 a conservé sa façade décorée de fausses travées : mur renard (hôtel de Sully). Des peintures sont réalisées par Poerson et Jean Cotelle.
C’est à cette époque que Mme Scarron, future Mme de Maintenon rencontre Mme de Montespan qui lui confiera l’éducation de son fils, bâtard du roi soleil, le Duc du Maine.
Henri de Guénégaud donne l’hôtel à sa sœur mariée au maréchal César Phoebius d’Albret, qui donnera son nom. Il fait parqueter et lambrisser le 1e étage.
Vers 1680, les fenêtres du 1er st abaissées (Jean-Baptiste Brunet de Chailly, garde du trésor) et des barres de fer st installées côté cour et côté jardin.
Son neveu fait reconstruire la façade sur rue entre 1741 et 1744 par Jean Baptiste Vautrain, style Louis XV à qui succèdera Jean Baptiste Cortonne. Le rez-de-chaussée est entresolé pour les commerces.
Aux 19ème et 20èmeSiècles se succèderont commerces et industries, un bâtiment sera élevé dans le jardin. La décoration intérieure disparaît.
En 1975, la ville rachète l’hôtel dans un état de ruines avancé et le restaure en 1989 (int érieur par Christian Germanaz). Aujourd’hui, l’hôtel accueil la direction des affaires culturelles de la ville.
DESCRIPTION :
Façade Louis XV : style rocaille
Rythme régulier :
* rez-de-chaussée en bossage et niveau supérieur lisse rythmé par les baies surmontées en leur centre par une clé décorée identique à celles du rez-de-chaussée.
* La porte cochère : sculptures sur bois dues à Jean-François Martin, sur les dessins de Vautrain et J-B Cortonne.
Surmontée d’un * balcon en avancé avec balustrade en fer forgé (Hallé) sur consoles à tête de lion (le gardien du temple et la puissance du maître des lieux). La fenêtre est encadrée par des pilastres simples. Un linteau curviligne est soutenu par des consoles identiques aux clés des baies de la façade. Un mascaron s’enroulant autour de ce linteau fait le lien entre l’étage et le fronton brisé qui surmonte la baie. Il est percé d’un œil de bœuf.
*La corniche est décorée de modillons qui courent tout le long de l’édifice. (ceux du haut du fronton sont sculptés dans le sens de la hauteur et ne sont pas perpendiculaires au cadre).
Dans la cour :
Pavillon de droite : une fenêtre sur deux d’origine, les autres du 17ème Siècle.
Corps de logis principal entre cour et jardin et aile gauche d’origine (1550) ; devant le corps de logis principal, le fossé, éclairant les communs, est semi enterré
Des modillons sous la corniche rappellent ceux de la façade extérieure et mette le logis principal en valeur par rapport aux autres.
Côté jardin, une tour de l’enceinte avait été conservée et aménagée en chapelle au 17ème Siècle. (auj, disparue) remplacée par des bâtiments aux 19ème Siècle.
Sous les arcades à droite, aux angles arrondis (Moyen Age) devait se trouver les écuries.
CONCLUSION
L’hôtel s’est surtout développé au 17ème Siècle, pendant l’occupation des financiers sous le règne des Bourbons. Ensuite, il est occupé par une bourgeoisie stable le maintient au cœur d’un Marais économiquement stagnant. Au 19ème Siècle, l’activité artisanale l’enlaidit mais c’est après 1850 qu’il est le plus défiguré. Même si l’Etat le rénove, il oublie l’intérieur au profit de l’extérieur en lui donnant une noble apparence, pour le plaisir des visiteurs curieux.
Glossaire :
Mettre en lices : clôturer un terrain pour les tournois
Pouliers : peut-être ceux qui participaient aux tournois, auj. pouliste.
Hôtel de COULANGES – 35 rue des Francs Bourgeois
HISTORIQUE
Le terrain d’origine est le rassemblement de plusieurs parcelles, dont je ne ferais pas le détail, trop compliqué. Juste dire qu’il s’appuie sur le mur de Philippe Auguste et les parcelles ont été réunies par Pierre Le Charron futur propriétaire de l’hôtel d’Albret au 17ème Siècle.
En 1627, Pierre Le Charron meurt et ses enfants vendent le domaine en parcelles. Un membre de la famille Scarron achète certaines de ces parcelles.
En 1634, sont mentionnées 2 maisons, une plus grande que l’autre, occupées par les Scarron. Il est supposé que les constructions pesaient trop sur les finances de Scarron de Santry et que l’hôtel fut saisi en 1639.
L’année suivante, 1640, l’hôtel est adjugé à Philippe de Coulanges, oncle de Madame de Sévigné. La famille Coulanges est riche grâce au patriarche qui a fait fortune (trésorier des guerres, fermier des gabelles) et s’était construit un hôtel au n°1 de la place Royale (1626, naissance de Madame de Sévigné). A sa mort, 6 filles et 7 fils doivent se partager les biens. L’aîné, marié à Marie Lefèvre d’Ormesson, Philippe II de Coulanges loue puis achète l’hôtel Scarron de Santry. Devient maison familiale où vivent Philippe, sa femme et leurs enfants, son frère abbé, Marie, orpheline dont Philippe est le tuteur. Elle se marie à Henri de Sévigné en 1644 (18 ans) et s’installent rue des Lions.
En 1659 meurt Philippe et un inventaire est réalisé, donnant des détails sur la disposition des pièces : caves à bois et charbon, rez-de-chaussée occupé par les écuries, cuisine, dépendance et offices. Le logis principal était sans doute partagé par un escalier de pierre comme hôtel de Sully, une grande salle basse, le cabinet de Coulanges (500 000 livres en espèces retrouvées), sa chambre et une petite garde robe. A l’étage, même disposition avec 2 chambres en plus.
En 1662, il est mentionné une grande maison remplaçant 2 petites. La maison comprenait 6 travées, aujourd’hui, 5 sont ouvertes.
Une nouvelle demeure est donc cédée à la famille Le Tellier (1662-1703). C’est dans cette demeure que Mme Darbon aurait élevé les enfants de Louis XIV et de Madame de Montespan. Le chancelier meurt en 1685, son frère, archevêque de Reims vend le petit hôtel à Edme Beaugier, fermier général en 1703. Lui loge dans le grand.
Le Tellier décide de transformer le façade côté rue en 1707 avec un nouvel alignement sur la rue. Baugier quant à lui, le transforme en démolissant le bâtiment sur rue pour lui donner l’aspect d’aujourd’hui.
Des transformations seront effectuées jusqu’en 1775, où le nouveau propriétaire Durand-Pierre Puy de Vérine fait édifier un mur séparant l’hôtel. Il y vit jusqu’à la révolution lors de laquelle, malgré ses 70 ans, qu’il soit sourd et aveugle, il sera guillotiné par la Terreur.
En 1821, des commerces s’y installent et apportent des modifications : corps de logis surélevé et des bâtiments industriels sont installés côté jardin.
En 1961, une pétition des habitants du quartier sauve l’édifice qui sera racheté par la ville en 1978. Il est rénové et devient la Maison de l’Europe.
DESCRIPTION
Le portail sur rue est surmonté d’une tête d’homme couronné de lauriers.
Dans la cour : les baies des pavillons latéraux sont ornées de mascarons originaux à têtes d’hommes et de femmes. L’élégance est marquée par la régularité des fenêtres très ouvertes caractéristique du style
Récap’ : cour ordonnancée en 1660, portail 1707, façade 1630, style classique, l’hôtel a été harmonisé.
Hôtel d’HEROUET – angle rue des Francs Bourgeois / rue du Faubourg du Temple
HISTORIQUE
Edifié en 1510-1520 par Jean HEROUET qui avait épousé la fille du propriétaire du terrain. Veuve, elle doit payer une rente à la fille ou nièce de Hérouet, qui jouie de la possession du bâtiment depuis la mort de ses parents.
Jusqu’au milieu du 18ème Siècle, change de propriétaires : noter sa division en 2 lots en 1621 lors de sa mise en vente aux enchères et vendu à un confiseur en 1784.
Au 19ème Siècle et au début du 20ème Siècle, l’hôtel est transformé, en locaux commerciaux au rez-de-chaussée provocant l’ouverture de baies soutenues par des colonnes de fonte et e linteaux de fer, rajout d’escalier (communication entre étages), établissement de logements locatifs.
Au début du 20ème Siècle, l’hôtel menace de tomber en ruine. Plan d’urbanisation avec alignement des rues menace l’hôtel mais projet de la rue des Francs Bourgeois modifié pour sauver la tour (1913). Mais l’hôtel est déjà protégé au titre des Monuments Historiques, grâce à son propriétaire Henry d’Allemagne, qui l’acheta pour empêcher sa destruction (1908).
Nuit du 26 au 27 Août 1944, fortement endommagé par une bombe qui tombe 67 rue Vieille du Temple. Monument Historique, reste plusieurs années dans son état délabré, devient insalubre, squatté et envahit par les rats. Protégé par Elie Debidour et Commission du Vieux Paris qui se battent contre menace des constructions modernes qui prennent le pas sur les bâtiments mitoyens. A l’époque, désir très fort de moderniser et améliorer la voierie donc démolir cette ruine.
La décision finale est prise : la commission des monuments historiques en accord avec le ministère de l’Education Nationale prononce la reconstruction à l’identique, provocant la colère des conseillers municipaux. (citer le commentaire des opposants).
AUJOURD’HUI : style troubadour (Restauration : Louis XVIII & Charles X), du à ses multiples modifications, mais retrouve le décor médiéval : échauguette en encorbellement, légèrement endommagée lors du bombardement. Fenêtres à meneaux et gâble flamboyant, maison à pignon. Toiture à forte pente.
Hôtel d’ALMERAS – 30 rue des Francs Bourgeaois
HISTORIQUE
Terrain est la propriété du parc du futur Cardinal Bertrand et se compose de jardins clos et arbres fruitiers.
Acheté en 1611 par Pierre Alméras à la veuve de Jean de Fourcy. Pierre Alméras achète la particule en même temps que d’autres terrains à la même période et devient Pierre d’Alméras Il donne son nom à l’hôtel.
C’est un seigneur puissant proche des de Guise et du roi. Il est important pour avoir organiser la poste en tant que général des postes sous Louis XIII : crée l’envoi à heure fixe des liaisons entre Paris et villes de France, établis des tarifs précis pour les lettres et les colis et fixe un service spécial pour le transport des valeurs.
1612, après l’achat de la parcelle voisine, fait construire un hôtel par un maître maçon Nicolas Jacquet sur plans de Louis Métezeau, architecte du roi (grande galerie du Louvre - église de l’Oratoire du Louvre).
Problème : la parcelle est étroite et seulement un corps de logis entre cour et jardin sera bâti sur toute la largeur du lot avec deux ailes en retour sur cour (un ½ pavillon avec 2 petits cabinets, une grande chambre et une grande salle, l’autre avec 2 chambres) pour garder une symétrie et un pavillon sur un seul côté sur le jardin.
Un escalier à double noyau décalé par rapport au centre du bâtiment desservait l’étage avec chambres et garde robe. Le deuxième étage étant le grenier.
Les écuries sont annexées en 1625 (sur la parcelle voisine) et lui donne son aspect actuel. Pierre d’Alméras meurt en Février 1637.
Son fils vend l’hôtel et devient propriété de Louis Betauld : abaissement des allèges des fenêtres et destruction de l’escalier du corps de logis central pour en installer un autre dans le l’aile Ouest (photos). Aile droite accueillait les remises à carrosses.
1699, l’hôtel est vendu par ses héritiers à Pierre Langlois dont le fils Robert (monogramme) amènera des modifications dans le décor : décor de chimères sur la porte cochère, boiseries (photos).
Au 19ème Siècle ; l’hôtel est occupé par des commerces et des activités industrielles : tannerie en 1853, un lustrier en 1874 (photos), et même un passage cocher ménagé entre cour et jardin.
Restauration récente dirigée par Monuments historiques (architecte en chef : M. Fonquerine) a restitué partiellement l’aspect d’origine.
DESCRIPTION
Unique exemple d’architecture brique et pierre de la rue des Francs Bourgeois, et de l’architecte Métezeau.
Construction dans le style maniériste : portail
Bâtiment style Régence : rocaille ou Louis XV (moulures et boiseries)
- ligne gracieuse
- moulures gondolées spirales et torsades
= style tarabiscoté.