Paris gothique,NDame, la musique
La musique à Notre-Dame
Elle se manifeste de 2 façons :
- l’école de Notre-Dame
- l’orgue
L’école
Au M-A, il n’y avait que 2 types de musique : la musique religieuse et la musique profane.
L’école de N-D voit l’épanouissement de la polyphonie née à l’école St Martial à Limoges qui fut créée en 1100. On y crée des organum, c’est-à-dire de la musique pour orgue. Durant son existence l’école va connaître différents courants de pensée et voir la création de nombres d’œuvres musicales. L’essentiel des morceaux qui nous ont été transmis proviennent du Magnus Liber Organi (Grand Livre d’Organum) qui servait pour le culte à N-D. Il fut en partie composé par Léonin et complété par Pérotin.
Pérotin est un compositeur français d’organus et fut le maître de chapelle de N-D. Un organum est un morceau qui recherche une plus grande virtuosité et une plus grande complexité formelle. Au XIIIéme siècle, la renommée de l’école de N-D s’étend à toute la chrétienté occidentale.
Les orgues
Notre-Dame fut dotée d’un orgue au début du 15éme siècle.
Qu’est-ce qu’un orgue ?
C’est un instrument à vent qui peut être aussi grand qu’une maison de plusieurs étages, composé de tuyaux, de jeux, de plusieurs claviers. Il peut remplacer un orchestre à lui tout seul.
Un orgue est fabriqué par un facteur d’orgue.
Un facteur d’orgue est un artisan spécialisé dans la fabrication et l’entretien d’orgues. Ce métier nécessite la maîtrise de nombreuses disciplines comme la menuiserie, la mécanique, le travail des métaux, des peaux, des matières plastiques ; l’électricité, l’électrotechnique, l’informatique, la musique, l’acoustique.
Certains facteurs d’orgue ayant œuvré à N-D : François Thierry (1730), François-Henri Clicquot (1784), Aristide Cavaillé-Coll (1863), Jean Hermann et Robert Boisseau (1963), Jean Loup Boisseau, Bertrand Cattiaux, Michel Giroud, Philippe Emeriau (1992)
Il y a deux orgues à N-D : un orgue de chœur (30 jeux, 2000 tuyaux) et un grand orgue (113 jeux, 8000 tuyaux). Le grand orgue est le plus puissant de France et parmi les plus puissants d’Europe. 47 organistes se sont succédés aux claviers de l’orgue depuis le XVéme siècle.
Les organistes
Quelques noms : Charles Raquet (1618-1640), Louis Claude Dacquin (1755-1772), Armand Louis Couperin (1760-1790), Louis Vierne (1900-1937), Léonce de St Martin (1937-1954), Pierre Cochereau (1954-1984).
Les organistes actuels : Olivier Latry, Philippe Lefebvre, Jean-Pierre Leguay, Yves Castagnet, Pierre Méa.
L’orgue médiéval
Le premier orgue de N-D fut installé en 1330. Il fut suspendu en nid d’hirondelle sous une fenêtre haute de la nef.
En 1403, on décide de placer un second instrument sur une tribune de pierre au dessus du grand portail ouest. Une restauration des tuyaux commencée en 1473 dura 50 ans. Période durant laquelle on apporta diverses modifications et améliorations à l’instrument. En 1609, un second clavier fut ajouté. Pour cela le pédalier et sa mécanique furent supprimés.
L’instrument comporte 3 sonorités de base :
- un plenum
- une série de flûtes
- une batterie
Ce qui correspond à 2 000 tuyaux.
En 1620 et en 1672, on ajouta un 3éme et un 4éme clavier.
Il ne reste aujourd’hui que 12 tuyaux de l’orgue médiéval.
L’orgue classique
Il fut installé en 1730. La France est alors dans le siècle des Lumières et on veut pour N-D un instrument digne de son statut. On fait donc faire un instrument neuf. Le buffet est placé beaucoup plus haut que ne le fut l’orgue médiéval et cachait une partie de la rosace ouest.
Pendant la Révolution, il fut utilisé pour des fêtes et ne souffrit pas de la Révolution. Il fut délaissé un certain temps. Dés 1828, on constate que son état général est très moyen et on décide le réparer. Ce fut Viollet Le Duc et son associé Lassus qui furent chargés des réparations. Nombre de leurs propositions de réparations furent refusées.
L’orgue symphonique
Comme les travaux d’architecture absorbent tout l’argent, Viollet commande un instrument neuf, tout en utilisant le plus possible le matériel subsistant.
Les travaux commencent en 1864 et l’orgue fut joué à Noël 1867 dans le cadre de l’Exposition Universelle. Le 6 mars 1868 l’orgue fut bénit par Mgr Darboy qui était archevêque de Paris.
L’informatique à N-D
En 1989, une restauration complète et une modernisation de la traction fut décidée par le Ministère de la Culture. Elle fut effectuée par Jean Loup Boisseau et Bertrand Cattiaux, deux facteurs d’orgue du XXéme siècle. Cette restauration voit se réunir 2 mondes jusque là étrangers l’un à l’autre : la facture d’orgue et l’informatique. L’informatique apporte des possibilités de combinaisons quasi illimitées.
Aujourd’hui à N-D
De nombreux concerts sont organisés dans la cathédrale. Ces concerts sont aussi bien d’ordre religieux que profanes. On peut assister à des concerts le dimanche.
Notre-Dame a inspiré des artistes comme Edith Piaf et bien sur la comédie musicale du même nom