Paris gothique, NDame, le chevet

Publié le par Remigin07

Le chevet de Notre-Dame

 

L’architecture de Notre-Dame comme partout ailleurs dans l’art gothique, est au service d’une idée, d’un idéal et d’un message.

 

La façade suggère le combat de l’Eglise dans le temps, sans cesse attaquée par le mal. Elle évoque l’église militant, en lutte et pourtant sure de sa victoire en Christ. Le chevet, lui, célèbre cette victoire. Ici plus de combat, plus de ténèbres, plus de larmes ni de sang, seulement la grâce tranquille d’une paix sans limites dans l’espace et le temps.

 

L’harmonie du chevet avec ses formes évocatrices, ses ponts, ses clocherons, ses murailles, ses toitures, évoque une ville à la fois exubérante de vie et revêtue de blancheur : la cité sainte. La Jérusalem nouvelle telle que l’Apocalypse la décrit. La Cité de Dieu.

 

La Bible offre une autre image que celle d’église triomphante, celle de l’Arche, sans cesse présent dans la cathédrale. A l’intérieur de l’édifice, l’arche c’est la forme même des voûtes. A l’extérieur  les arcs-boutants sont disposés comme les rames d’un navire. La Seine renforce l’image du bateau.      

 

Le chevet de Notre Dame se présente comme une structure étagée, d’une grande qualité décorative, unifié par les grands arcs-boutants qui finissent pour se rejoindre dans la toiture et donnent à la cathédrale une ensemble harmonieux dont la flèche semble un prolongement.

 

Diverses époques de construction :

 

  • Vieux mur gouttereau élevé dans les années 1160 et 1180. Dans sa partie la plus haute il porte une large bande décorative, en damier, encore très romane dans son inspiration. Le ton des pierres y est davantage jauni.
  • Ce mur a été percé dans ses parties hautes,  par des grandes baies à double fenêtres aux formes simples et pures. On y reconnait le gothique des premières années du XIII siècle.
  • Aux étages  au-dessous des tribunes et des bas côtés, voici l’âge rayonnant avec ses grands gâbles triangulaires œuvre du début XIV siècle. Les arcs-boutants sont de la même époque, ont plus de 15 mètres de portée. Ils assurent la stabilité de l’abside et de ses trois étages en retrait. Sur leur face supérieure, les arches de pierre son évidées pour canaliser les eaux de pluie jusque dans la gueule des gargouilles.
  • Sur la partie nord des soubassements, des bas reliefs présentent des caractères stylistiques très élaborés (1320). (la mort de la Vierge, les funérailles de la Vierge, les la Vierge enlevée au ciel par les anges, la Vierge et Saint Jean intercédant pour les pécheurs, la légende de Théophile…)   
La flèche existait déjà dès le XIII siècle. Supprimée à la révolution  au XVIII (comme le furent les statues des rois de Juda que les parisiens confondirent avec les effigies des rois de France), elle fut reconstruite par Viollet-le-Duc. Elle élève son coq jusqu'à plus de 109m au-dessus du sol. De sa base, trois par trois des magnifiques apôtres descendant vers les quatre points cardinaux comme pour exprimer l’universalisme de la prédication évangélique. La tradition veut que ces apôtres soient des autoportraits des membres de l’atelier de Viollet-le-Duc. Ce dernier s’est fait représenter sous les traits de l’apôtre Thomas, le patron des architectes. Sur le socle de cette statue a voulu graver une sorte de dédicace : « Au grand architecte de l’Univers »
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