Ste Chapelle,Conciergerie&Palais de Justice:Cour de Mai
PALAIS DE JUSTICE : LA COUR DE MAI
De siècle en siècle, le palais est la proie des flammes. Le 10 janvier 1776 un nouveau sinistre détruit la totalité des bâtiments qui s’étendent entre la galerie des prisonniers et la Saint-Chapelle.
Louis XVI, respectueux de sa justice, veut que ce malheur tourne au profit de l’harmonie générale du sanctuaire. Il charge de sa reconstruction à :
Moreau, Demaisons, Couture et Antoine. Ces membres de l’Académie d’architecture cherchent à rationaliser les parties épargnées.
Le projet de renouvellement de la façade du palais s’inscrit dans la politique de renforcement du pouvoir royal entamé par Louis XV et poursuivi par Louis XVI.
Cette démarche illustre, entre autres, les difficultés d’une monarchie affaiblie par l’échec de la guerre de Sept ans, par des crises d’approvisionnement, comme par l’émergence d’une pensée à tendance contestataire. La façade sur la cour de Mai est censée impressionner le justiciable.
La Cour de Mai :
Le Mai c’est un arbre orné des guirlandes que plantent les clercs de la basoche (corps et juridiction des clercs du parlement, chaque communauté de clercs exerçant leurs activités auprès d’une juridiction formait une basoche. XIV-XVIII siècle) chaque année au mois du mai est dont la cérémonie a donné son nom à la cour.
(Basoche, étymologie : du latin basilica, lieu ou se rendre la justice dans l’antiquité romaine, qui est devenue avec le christianisme synonyme d’église.)
Cette manifestation s’est maintenue jusqu'à la fin de l’Ancien Régime : chaque année à la fin du moi du Mai la basoche du palais avec l’accord du parlement se rend en cortège dans une forêt des environs de Paris (le plus souvent Bondy) pour y prendre un arbre, qui est ensuite replanté dans la grand cour du Palais, au bas du grand escalier. On célèbre le retour du printemps avec cette fête.
(les Mais : cette fête traditionnelle trouve ses origines à une époque lointaine ou était honorée la Déesse de la Terre. Le rite exigeait alors, d’aller abattre un pin dans la forêt. Il s’agissait ensuit de l’orner des guirlandes de fleurs, des banderoles et de l’installer dans le temple. Le pin représentait le Dieu ATTIS, endormi pendant les longues nuits d’hiver et réveillé par la Déesse CYBELES au printemps, pour fêter le renouveau de la nature.
La coutume s’est emparée de cette fête païenne pour en faire une manifestation populaire. « tourner les mais » signifie, depuis le moyen-âge, danser autour d’un tronc d’arbre surmonté d’un couronne des fleurs.)
L’architecture :
Les travaux ont pour objet d’abattre les anciens portes et auvents et d’élever, en lieu et place, des bâtiments majestueux.
- Au centre du corps du logis qui forme façade, est aménagé un escalier monumental à degrés menant à un vaste perron, dominé par un avant-corps, orné de quatre colonnes doriques
- Trois portiques conduisent à une première galerie
- Au-dessus de l’entablement règne une balustrade avec quatre piédestaux supportant quatre allégories : la Force, l’Abondance, la Prudence et la Justice. (au fond de la cour un grand escalier de pierre conduit au vestibule, qui ouvre sur un avant-corps orné des quatre colonnes doriques supportant un entablement à balustrade, chargé des quatre statues allégoriques…)
- Un dôme quadrangulaire surplombe l’ensemble.
- Les deux ailes perpendiculaires à cette façade ferment les deux côtés de la cour. Elles encadrent une loggia décorée de colonnes doriques. (deux murailles latérales en forme de portique avec arcades, desservent les deux côtés de la cour et aboutissent sur le boulevard à deux pavillons à ordre dorique, à fronton triangulaire.)
- La cour du Mai n’aurait pas la splendeur qu’on lui connaît, sans la grille ciselée et les trois portes dorées qui font honneur à la ferronnerie française. Les grilles dorées du boulevard du Palais, supportant des écussons aux armes de France. La grille de Bigonnet (1783) et la toiture renouant avec la tradition des bâtiments royaux
Les armes de la République Française :
Les armes de France entourées du cordon de l’ordre du Saint-Esprit et surmontées de la couronne royale.
La cour du Mai est le lieu d’exécution de certaines sentences rendues par le parlement.