Ste Chapelle, la chapelle Basse
La Chapelle basse
D’une hauteur sous voûte de 6,60 mètres seulement, cette chapelle ressemble à une crypte. Elle se compose d’un vaisseau central de 6 mètres de large et de bas-côtés très étroits (2 mètres), formant déambulatoire.
Les poussées de la voûte centrale sont contrebutées par d’élégants petits arcs-boutants intérieurs, les étrésillons, particularité de sa construction.
Les voûtes de l’abside sont maintenues par une structure métallique d’origine, cachée sous enduit et peinture, épousant la courbe des ogives.
Les ouvertures de la nef, qui ressemblent à des tympans ajourés incurvés garnis de roses et de trilobes, ont une forme inhabituelle.
Durant l’hiver 1689-1690, une crue de la Seine causa d’importants dégâts dans la chapelle basse. Elle endommagea considérablement la polychromie initiale et obligea à rehausser le sol et les dalles funéraires, à déplacer les autels et à déposer les vitraux. L’utilisation de la chapelle comme magasin à grain pendant la Révolution fut nettement moins dévastatrice.
La Sculpture
La chapelle étant dédiée à Notre Dame, l’essentiel du décor du portail est centré sur l’iconographie mariale. La Vierge du XIX-èmè siècle qui orne le trumeau a pris la place d’une ancienne statue qui passait pour miraculeuse.
La Dormition initialement sculptée au tympan a été remplacée par Le Couronnement de la Vierge.
Le décor héraldique du soubassement, où alternent fleurs de lys et châteaux de Castille -armoiries de la mère de Louis IX, Blanche de Castille-, date lui aussi du XIX-ème siècle.
A l’intérieur, le décor des cent quarante chapiteaux (exécutés avant ceux de la chapelle haute) est représentatif de la production sculptée en Ile-de-France dans la première moitié du XIII-ème siècle. Les artistes y ont représenté une « flore généralisée », c’est-à-dire sans référence à une espèce précise, composée de feuilles trilobées ou tridentées alternant avec les crochets de la première flore gothique. La polychromie -bleu, rouge et or- ajoutée au XIX-ème siècle souligne la découpe en étoile des tailloirs, dont chaque point correspond à la retombée d’une nervure de la voûte.
Le Décor peint
L’ensemble du décor peint a été altéré par l’inondation de 1690. En l’absence de documents anciens, les restaurateurs du XIX-ème siècle ont innové plus qu’ils n’ont restitué. La polychromie architecturale adoptée par Boeswillwald a été achevée en 1863.
On lui doit la peinture de la voûte fleurdelisée, les motifs héraldiques de fleurs de lys et châteaux de Castille en relief sur les colonnes, les tentures en trompe l’œil derrière les arcatures aveugles du soubassement et la restauration des médaillons des douze apôtres, dont le fond est rehaussé de pâte de verre et la bordure ornée de cabochons de verre.
Les Vitraux
Nous ne savons rien des vitraux d’origine de la chapelle basse. Déposés à la suite de l’inondation de 1690, ils furent remplacés peu après par une vitrerie incolore. Les verrières actuelles, consacrées à la vie de la Vierge, ont éte réalisées par Steinheil au XIX-ème siècle. Dans la nef, de petites scènes sont inscrites au centre d’une grisaille décorative. A l’abside, des vitraux de pleine couleur garnissent les fenêtres à deux lancettes. On trouve à la baie d’axe Le Couronnement de la Vierge, entre L’Adoration des Mages à gauche, La Présentation de Jésus au Temple, Joseph et la prophétesse Anne et La Visitation à droite. Dans la travée latérale gauche, une porte permettait de rejoindre la sacristie située au rez-de-chaussée du trésor des Chartes. Ne pouvant recevoir de vitraux, cette travée a été ornée au XIII-ème siècle d’une Annonciation, peinte directement sur le mur. Découverte au XIX-ème siècle, cette peinture a été restituée par Steinheil en 1849.