Rubens

Publié le par Remigin07

RUBENS

 

Pierre Paul Rubens naît le 28 juin 1577, près de Cologne, en Allemagne.

A la mort de son père, sa mère le ramène à Anvers.

Il y apprend le Flamand, le Français et le Latin.

A 13 ans, il est placé en apprentissage chez un peintre qui lui apprend à manier le pinceau.

De 20 à 31 ans, il peint ses premières œuvres et voyage en Italie (Rome, Venise, Mantoue, Gênes).

En 1609, il s’installe de nouveau à Anvers et se marie avec Isabelle Brant, qui lui donne deux fils.

Il fonde un atelier qui reçoit beaucoup de commandes.

De 1615 à 1621, il peint ses plus belles toiles.

A 53 ans, il se remarie avec Hélène Fourment, âgée de 16 ans, elle lui servira souvent de modèle pour ses tableaux, dont nous avons un exemple ici.

Il meurt en pleine gloire, le 30 mai 1640 à Anvers.

 

 

Hélène Fourment (1614-1673) au carrosse (Rubens)

 

INTRODUCTION :

 

Rubens a effectué tout au long de sa carrière plusieurs séjours en Italie qui lui ont permis d’assimiler une solide culture classique.

Le portrait de sa jeune femme s’inscrit de la sorte dans la tradition des grands portraitistes de la Renaissance comme Titien ou Véronèse.

Œuvre de style baroque, réalisée vers 1639.

H : 1.95 m ; L : 1.32 m

Peinture à l’huile sur toile.

Le tableau sera offert par la ville de Bruxelles à J. Churchill (1650-1722), premier duc de Malborough, en 1706.

Conservée au Musée du Louvre, aile Richelieu, salle Rubens.

 

La peinture baroque, qui se propage en Europe au XVIIIè siècle représente la grandeur de l’Eglise catholique et célèbre les fastes des grandes monarchies européennes.

L’Art baroque se développe dans les pays catholiques pour émerveiller les fidèles : luxe des décors, grandes cérémonies, allégorie de la beauté.

 

ANALYSE :

 

Composition

 

Iconographie :

® Le tableau représente Hélène Fourment, seconde épouse de Rubens, que l’artiste a épousé en 1630.

Hélène est en compagnie d’un petit garçon, probablement son fils aîné, Frans. Ce détail permet de dater l’œuvre de 1639 environ, quelque mois avant la mort de Rubens. Il se tient à l’extrême droite du tableau.

® Description rapide de tous les éléments du tableau :

Hélène occupe presque tout l’espace, et est au centre, faisant d’elle l’objet principal du tableau. A sa gauche son fils Frans. Au second plan, en contre-plongée on peut distinguer un carrosse qui approche.

 

Formelle :

® Les grandes lignes du tableau suivent le format du tableau, en largeur.

Ainsi les personnages, les édifices représentés, les arbres suivent cette verticalité du format de ce tableau.

® La profondeur du tableau réside à la droite d’Hélène, qui ouvre une perspective d’ouverture qui nous montre un chemin ou est posté son carrosse, qui est sur le point d’arriver.

On peut éventuellement diviser le tableau en 2 parties : 1° l’arrière-plan avec la vue de la rue, l’arrivée du carrosse donc du mouvement + le petit garçon qui a l’air distrait, 2° Hélène qui a l’air de poser : geste, regard tourné vers le peintre, elle est statique.

® Les couleurs sont variés, avec entre autre les couleurs primaires : bleu, rouge, jaune + robe noire d’Hélène. Rubens était un très grand coloriste

Il place ces personnages dans un espace lumineux. Les chairs et les tons clairs sont fortement empâtés alors que les ombres traitées en tons chauds restent transparentes.

Ce serait une lumière de fin d’après midi, froide, tamisée par la présence de nuages avec cette couleur verte qui va renforcer ce froid et qui indique qu’il y a la tempête.

 

Description :

 

Au premier plan et au centre du tableau se tient Hélène, jeune femme très élégante de par ses vêtements et de ses gestes.

En effet, parée comme une femme de la Haute Société, se tenant devant un porche à colonnes et à pilastres, elle est sur le point de descendre les marches pour s’installer dans un carrosse à 2 chevaux (signe d’harmonie conjugale) qui s’approche à grande vitesse. Elle sort de leur luxueuse maison d’Anvers que Rubens avait fait construire à l’image d’un palais italien.

Le geste de sa main droite indique la modestie.

Nous observons ainsi la scène en contre-plongée, ce qui accentue la majesté de la jeune femme placée en situation dominante par rapport au spectateur. De plus, place centrale, et elle se tient sur le haut des marches comme si elle surplombait la rue que l’on aperçoit derrière elle.

Elle se détache également des autres éléments du tableau par son regard qui est dirigé vers  nous et vers le peintre ( et pas vers le carrosse qu’elle attend et qui arrive de derrière).

La magnificence du portrait s’incarne dans la somptuosité du costume d’Hélène.

Superbement vêtue dans toute la splendeur de sa chair opulente.

Elle est vêtue à la mode espagnole d’une longue robe de satin noir avec une petite coiffe à pompons, alors en vogue dans les Pays-Bas et en Allemagne, qui retient un grand voile de gaze noir.

Rubens joue avec aisance sur les différentes matières peintes en camaïeux noirs, très fluides, qui forment un écrin précieux à la peau d’ivoire de la jeune femme.

Il relève ce costume sombre par le satin blanc éclatant des manches bouffantes, elles-mêmes soulignées par un galon doré.

Puis il anime l’ensemble par de délicates touches de couleurs : le rose des pommettes et de la bouche charnue, le mauve des rubans des manches auquel fait écho celui de la ceinture.

Les détails comme les perles du collier, le joyau de la poitrine ou les galons sont peints en pleine pâte, ce qui renforce le côté illusionniste de la représentation.

 

Quant à son fils, à sa gauche, est vêtu d’un costume rouge à col plat blanc. Il a un visage angélique, il fait penser à ces visages de putti.

 

CONCLUSION :

 

L’importance et l’évidence de la touche picturale de Rubens se définissent par les coups de pinceaux qui se lisent sur le tableau ; variés dans leurs effets, ils constituent l’écriture propre au peintre.

 

Ce portrait d’apparat, sans doute réalisé pour sa famille, est aussi l’occasion pour Rubens, de montrer sa réussite sociale.

 

Ce tableau est une des ultimes représentations d’Hélène dont le peintre amoureux s’est si souvent inspiré dans les dernières années de sa vie.

Rubens nous a laissé de nombreux portraits d’Hélène Fourment. Elle a également été représentée par l’artiste sous les traits d’une sainte ou d’un personnage mythologique
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Publié dans Peintres

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